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5 choses à savoir sur le retrait des États-Unis du traité nucléaire avec la Russie

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé que Washington se retirerait d’un accord sur les armes nucléaires conclu avec Moscou il y a 31 ans, accusant la Russie de violer le traité et exigeant l’inclusion de la Chine.

Voici cinq choses à savoir sur le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (également appelé traité INF):

1. Comment l’accord INF est-il né?

Le traité INF a été signé en décembre 1987 par le président américain de l’époque, Ronald Reagan, et le dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev.

Il a résolu une crise qui avait débuté dans les années 1980 avec le déploiement de missiles balistiques, à portée intermédiaire, à têtes nucléaires SS-20 soviétiques, visant les capitales occidentales.

En signant cet accord, Washington et Moscou ont renoncé à posséder, produire ou effectuer des essais sur les missiles de croisière sol/sol d’une portée de 500 à 5 500 km.

2. Pourquoi les États-Unis se retirent-ils du traité?

Les responsables américains estiment que la puissance militaire de Moscou se développe et aurait déployé un système de lancement au sol, en violation du traité INF, qui pourrait lui permettre de déclencher une frappe nucléaire en Europe à brève échéance.

Pourtant, la Russie a toujours nié toute violation de cette nature.

Trump a déclaré fin octobre qu’il était juste que les Etats-Unis développent les armes puisque la Russie mais également la Chine (qui n’était pas signataires du traité) le faisaient déjà.

3. Quel est la position de la Russie sur l’accord INF?

Moscou a longtemps accusé les États-Unis d’avoir violé l’accord nucléaire, notamment avec le bouclier antimissile de l’OTAN installé en Roumanie qui pourrait lancer des missiles nucléaires à tout moment.

En 2007, la Russie avait même menacé de se retirer du traité INF.

4. Quelles seront les conséquences du retrait des États-Unis du traité nucléaire?

Cette initiative mettra fin à la perspective du renouvellement de l’accord «Nouveau départ» entre Moscou et Washington, qui doit expirer en 2021, le traité INF constituant son épine dorsale. Signé en 2010, New Start oblige les deux pays à réduire le nombre de leurs ogives nucléaires stratégiques à 1 550.

Le sénateur russe Alexei Pushkov a écrit sur Twitter que cette initiative constituait « le deuxième coup puissant contre tout le système de stabilité stratégique dans le monde » après le retrait par Washington en 2001 du traité sur les missiles anti-balistiques.

Gorbatchev, le cosignataire du traité INF, a déclaré fin octobre que ce serait une erreur de la part de Washington de renoncer à l’accord et que cela saperait le travail que lui et ses homologues américains ont entrepris pour mettre fin à la course aux armements.

5. L’accord nucléaire peut-il être sauvé?

John Bolton, conseiller de Trump sur la sécurité nationale, a rencontré à Moscou des dirigeants russes, dont le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolai Patrushev laissant entendre la détermination de Trump à rompre l’accord.

Il y a trois semaines, le Guardian a annoncé que Bolton, opposant de longue date aux traités sur le contrôle des armements, plaidait pour le retrait des États-Unis à la suite de violations présumées de la Russie.

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a déjà suggéré qu’une proposition de l’administration Trump visant à ajouter un missile de croisière lancé par la mer à l’arsenal nucléaire de Washington pourrait donner aux États-Unis un moyen de persuader la Russie de se rallier au traité sur les armes. Sans succès.

Enfin, Washington vise aussi, et peut être surtout, la Chine en se retirant de cet important traité nucléaire. En accusant ainsi la Russie de tricher, le Donald Trump veut aussi montrer ses muscles face à l’influence militaire croissante de Pékin, qui n’est pas lié par le traité.

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[…] Depuis son arrivée au poste de secrétaire à la Défense, Gavin Williamson s’est félicité de la solide position qu’il a adoptée à l’égard de la Russie de Vladimir Poutine. […]

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