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Aborder (sereinement) la question raciale au XXIème siècle

ANALYSE – Comment aborder la question raciale en Europe, au XXIème siècle et notamment dans des pays comme la France où le mot race a été exclu de la constitution et où l’existence des races n’est plus admise d’un point de vue scientifique, alors que la question raciale semble revenir dans les débats publics ?

En 1950, lors d’une grande conférence de l’UNESCO (1) sur la question raciale, où des membres éminents comme Claude Levi-Strauss sont intervenus, il en est ressorti certaines conclusions.

L’usage du terme de « race » était impropre à différencier les groupes humains, à cause de nombreux facteurs pouvant connaître d’importantes variations (déplacements géographiques, etc.). De plus, rejeter ce terme contribuerait à combattre l’idéologie raciste.

Nous sommes en 1950, 5 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, à une époque où la génétique n’était pas aussi développée qu’aujourd’hui et où l’objectif idéologique apparaissait dans une question scientifique. Les auteurs préfèrent parler de groupes ethniques (caucasoïdes, négroïdes et mongoloïdes) pour caractériser les populations majeures dans le monde.

existence des races humaines adoxa

Ainsi, on parle parfois d’ethnie lorsque l’on fait référence aux physiques des individus, mais rappelons nous que le mot « ethnie » désigne un groupe humain doté de certains traits en commun (histoire, langue, traditions…). Ainsi, il semblerait plus logique que la dite « race » fasse partie des éléments inclus dans une ethnie, au même titre que la langue, l’histoire, etc.

Le 12 juillet 2018, l’assemblée supprime le mot « race » de la constitution (2).

Et pourtant, bien que Levi-Strauss ait prédit que les conflits à venir prendraient moins leur source dans les conflits raciaux que dans les différences de mode de vie (notamment avec la place croissante de l’Islam en Europe et de l’immigration afro/arabe), ces problématiques reviennent sur le tapis.

 

3 différents positionnements par rapport à la question raciale

Nous observons 3 différents positionnements par rapport à la question raciale. Une vision racialiste qui emploie des expressions comme « congoïdes », notamment parmi les partisans de Henry de Lesquen, affirmant que son « racisme n’est qu’amour ». Ce positionnement raciste est plus proche de ce qu’on véhicule de l’image du raciste.

 

Une vision républicaine et universaliste qui adoptera le point de vue sur l’inexistence des races, et enfin une troisième vision, plus récente, que l’on retrouve chez Rokhaya Diallo (ou autres mouvements « décoloniaux »), où la race est à la fois explicitée et niée. Elle est élaborée comme une « construction sociale », qui aurait un rapport avec la génétique des individus… et en même temps non (la « blanchité » n’aurait pas de rapport avec le fait d’être blanc mais d’appartenir à une classe sociale estimée « dominante »). Cette dernière niera la formulation de propos racistes malgré certains propos émis sur Twitter à propos de Belkacem qui serait que serait plus intelligentes que les personnalités « blanches de son niveau » (une personne médiatique aurait dit que Patrice Quarteron était sympa « pour un noir », il aurait probablement subi un tollé médiatique sans précédent). Le propos est raciste au sens le plus pure du terme (essentialisation de la personne sur la base de son patrimoine génétique réel ou supposé et hiérarchisation entre les races).

Le racisme anti-raciste décomplexé

Et nous voyons en plus des propos comme ceux de Marlène Schiappa, députée LREM, disant ceci :

A la tête de la haute administration, on a principalement des hommes, blancs, qui ont fait l’ENA.
On manque terriblement de diversité dans les parcours. Quand tout le monde a le même logiciel il n’y a plus d’intelligence collective.  (3)

Mais ce n’est pas la seule. Delphine Ernotte, présidente de France télévision se plaignait déjà des « hommes blancs de plus de 50 ans » à la télévision et qu’il fallait que ça change. Nous pourrions multiplier les exemples de racisme décomplexé au sein de partis prétendant lutter contre le racisme qui serait soi disant véhiculé dans des partis étiquetés arbitrairement « d’extrême droite », en l’absence de preuves et de démonstrations logiques.

Le choc des cultures

À l’heure où les fillettes blanches des classes populaires en Angleterre sont les premières victimes des grooming gang indo-pakistanais, où la situation des fermiers blancs en Afrique du sud est préoccupante et où d’ici 2042, les blancs aux USA pourraient devenir minoritaires (4), avec les bouleversements sociaux et civilisationnels que cette situation risquerait d’engendrer, où la venue de millions de réfugiés et migrants ont été à l’origine d’une hausse de criminalité (5) et d’apport d’une autre forme d’antisémitisme (6), nous nous demandons comment aborder la question raciale puisque après avoir jetée à la porte, elle revient par la fenêtre. Surtout lorsqu’on sait que l’ethnicisme et le tribalisme en Afrique est facteur de conflits inter-ethniques (entre peuples africains noirs, 7) ou les menaces de massacre (Afrique du sud) et que les pays arabes ont connu différentes formes « d’épuration ethnique » ou religieuse comme celle qui a entraîné le départ des juifs ou la persécution des chrétiens d’Orient reconnue aux USA (8).

Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces périls pourraient arriver en Europe avec l’arrivée massive de réfugiés/migrants afro/arabes souvent porteurs de cultures tribales ou fortement marquées par la religion. Surtout lorsque des phénomènes comme le départ massif de juifs se produit dans les zones à forte population d’origine immigrée en provenance de pays arabes et/ou africains.

Faut-il nier la question raciale dans ces différentes problématiques ? Faut-il des mesures raciales ? Faut-il reconnaître l’existence des races indépendamment de la question scientifique ? Peut-on aborder la question raciale en restant républicains et universalistes ?

Faut-il accélérer la croissance de la diversité ethnique et le multiculturalisme, à l’heure où il a été mis en évidence que la diversité ethnique n’est pas facteur de cohésion sociale mais au contraire d’insécurité et de perte de confiance entre individus (Putman, 2007) ?

Le discours républicain et universaliste à l’épreuve de la question raciale

Pour notre part, nous remarquons une chose. Dans les propos de Marlène Schiappa ou de Rokhaya Diallo, les individus sont caractérisés par leur race (essentialisés même), ce qui va à l’envers du discours républicain. À contrario, dans la phrase qui viendrait du Général de Gaulle (et reprise maladroitement par Nadine Morano) selon laquelle nous serions un un peuple de race blanche mais que nous aurions une vocation universelle, il n’y a pas cette caractérisation des individus, seulement celle du peuple.

C’est la subtilité et la différence entre les discours racialistes et universalistes. Pour l’universaliste, la race d’un individu ne rend pas compte de sa valeur. Il n’attribuera pas de pensée en fonction de sa race (sauf peut être en cas de preuve scientifique démontrant l’inverse) ou en tous cas pas de valeur morale. Par contre, rien ne l’empêche de reconnaître la « couleur » d’un peuple, du moins si on prend en compte qu’un peuple n’est pas seulement une somme d’individus.

Le racialiste caractérise/essentialise l’individu en fonction de sa race (réelle ou supposée. Dire que c’est une « construction » est logique puisque le mot « race » est un mot et que toute race, y compris animale ou végétale est une construction. D’ailleurs, aucune classification raciale n’est scientifique mais a une dose d’arbitraire, dés lors ce ne peut être un argument pour rejeter l’usage du mot « race » pour parler de la variété physique au sein de l’espèce humaine). Il peut par contre nier la couleur d’un peuple (comme le font les progressistes comme Marlène Schiappa et les universalistes) ou caractériser à la fois les individus et le peuple (comme Rokhaya Diallo, ce qui la rapproche d’une vision ethniciste).

Mais à quoi cela servirait à un universaliste de ne pas caractériser les individus mais de pouvoir s’autoriser à caractériser le peuple ?

– Si à échelle d’un peuple, la cohésion sociale et la sauvegarde de celui-ci vient de sa majorité ethnique (en incluant la race dans l’ethnie au même titre que la langue ou l’histoire), alors l’universaliste aura intérêt à favoriser cette homogénéité et majorité ethnique. Il n’y a pas besoin de mesures racistes pour cela, on peut déjà agir par le biais de la nationalité et des façons de vivre des individus.

– Si à échelle d’un peuple, ce dernier est porteur est garant de valeurs universelles et des valeurs de tolérance, alors préserver la majorité ethnique revient à préserver la tolérance, l’universaliste et le respect des individus qui auraient une autre couleur de peau ou d’autres traits physiques. Car tout semble indiquer que la hausse de la diversité ethnique mène à plus de conflits, à la disparition de groupes ethniques devenus minoritaires et au final à l’émergence d’une autre majorité ethnique.

Le « paradoxe » est là. La culture n’est pas véhiculée par la « race » d’un individu. Dire le contraire reviendrait à essentialiser l’individu (et se tromper car un individu d’origine africaine peut véhiculer une culture européenne), mais à grande échelle, des éléments communs comme la langue, les visages, l’histoire, les valeurs etc se transportent ensemble et forgent ce qu’on appelle une « identité » (du moins une identité globale).

On peut donc s’inquiéter par exemple du taux d’individus d’origine extra-européenne comme au Danemark, tout en évitant la caractérisation raciale des individus, qui semble être le propre des décoloniaux, des progressistes et non l’apanage de courants réactionnaires ou de type néo-nazis, suprémacistes blancs, etc.

Pour notre part, afin de satisfaire aux exigences et aux découvertes scientifiques, tout en comprenant la peur du retour d’idéologies néfastes à l’humanité (attention, il est aussi dit que le racisme n’est pas le moteur de l’esclavage africain lors des époques coloniales et que l’ethnicisme n’est pas forcément au cœur des conflits de clans, ce qui est cohérent avec ce que disait Levi-Strauss sur l’origine des conflits présents et à venir, 10).

Nous suggérons seulement de ré-aborder ces questions, sans tabou, sans la pression des idéologies du passé ou du présent. Surtout si les visages du monde sont ce qui caractérise en partie les peuples et fait partie de leur identité. Mieux vaut que des personnes prêt à en parler de façon rationnelle abordent ces questions que de laisser ces débats à des progressistes, des réactionnaires ou des décoloniaux prompts à racialiser à outrance les sujets de société.

 

 

Sources documentaires

(1) https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000126969_fre

(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/07/12/l-assemblee-supprime-dans-la-constitution-le-mot-race-et-interdit-la-distinction-de-sexe_5330615_823448.html

(3) https://www.lepoint.fr/politique/schiappa-les-gilets-jaunes-sont-un-peu-les-jusqu-au-boutistes-d-en-marche-06-01-2019-2283607_20.php

(4) https://www.nytimes.com/2018/11/22/us/white-americans-minority-population.html

(5) https://www.valeursactuelles.com/societe/la-verite-sur-les-migrants-et-la-criminalite-en-allemagne-96500

(6) https://www.lapresse.ca/international/europe/201804/22/01-5162045-merkel-denonce-lantisemitisme-chez-certains-refugies-arabes.php

(7) http://www.fides.org/fr/news/65249-AMERIQUE_ETATS_UNIS_Promulgation_par_le_President_des_Etats_Unis_de_la_loi_sur_le_genocide_des_chretiens_au_Proche_Orient

(8) http://www.fides.org/fr/news/65249-AMERIQUE_ETATS_UNIS_Promulgation_par_le_President_des_Etats_Unis_de_la_loi_sur_le_genocide_des_chretiens_au_Proche_Orient

(9)  Robert Putnam, E pluribus unum: diversity and community in the twenty-first century in Scandinavian Political Studies, vol. 30 – N°2, 2007, p.137-173

(10) http://www.camer.be/66443/30:27/le-tribalisme-un-flaau-qui-gangrane-laafrique-g-africa.html

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