La France interdite de Laurent Obertone, chez Ring éditions
Société

ANALYSE: fête de la musique, quand l’Élysée casse les codes de la décence

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Le concert qu’a offert l’Élysée à l’occasion de la fête de la musique 2018 en a choqué plus d’un. Non en raison du spectacle en lui-même, mais de son inadéquation au lieu et à la fonction présidentielle. Analyse. 

La soirée du 21 juin à l’Élysée à l’occasion de la « fête de la musique » avait quelque chose de particulier. Une ambiance inhabituelle pour une soirée à l’Élysée. Oubliez la prestance, la sobriété, la grande musique, la chanson populaire française, l’opéra… l’ambiance était électro. Mais ce sont les « danseurs » qui ont le plus étonné.
On pouvait lire sur le t-shirt du DJ « fils d’immigré, noir et pédé« , les hommes (peu de femmes) typés afro, étaient vêtus de résilles, de mini-short et dansaient en se trémoussant, avec souplesse, il faut l’admettre, et vulgarité, il faut le dire. Les paroles anglaises de certaines chansons posaient à notre sens question (« brûlons cette maison »).
Et tout ce joyeux petit monde s’est réuni pour une photo avec le couple présidentiel. 

Cette photo du couple #Macron fait réagir. Le cliché a été pris lors de la fête de la Musique à l’Elysée, jeudi.https://t.co/t19294IPAi pic.twitter.com/gT77Cy6vXm

— Le Bien Public (@Lebienpublic) 23 juin 2018

Si cet événement nous a « heurté », ce n’est pas parce que les danseurs sont noirs ou qu’ils sont homosexuels, grand bien leur fasse. C’est tout simplement parce que nous estimons que ce type de spectacle n’a pas sa place à l’Élysée.

En effet, les reproches que nous pouvons adresser concernent moins ces danseurs et leur spectacle, qui a sa certainement place dans une « boîte gay », que le choix du couple présidentiel. En effet, ces danses et ces tenues ne sont pas neutres. Les tenues sont courtes, ils travestissent en partie le corps de l’homme, les mouvements évoquent la sexualité.
Ces spectacles sont faits pour briser les codes publics, les codes de genre et hétérosexuels. Et si « casser les codes » n’est pas en soit un signe de décadence d’une civilisation, une société a des normes et des occasions de « suspendre » cet ordre, comme au Carnaval de Rio par exemple. Nous touchons là presque à un phénomène anthropologique. Une société invente ses moyens de rompre ponctuellement ses codes. 

Ce type de spectacle habituellement a lieu dans les soirées LGBT, réservées aux adultes avertis, conscients de ce qu’ils vont y trouver et surtout y chercher, le temps d’une fête, d’un moment de divertissement et d’égarement comme il en existe sous différentes formes.

Mais si la société tolère, accepte et encadre ces festivités, elles n’ont pas habituellement pour destination la scène publique, du moins pas n’importe laquelle. La scène publique est le lieu des normes et des conventions. Ce ne sont pas ces festivités qui organisent la scène publique, mais la société qui encadre ces festivités en lui attribue des lieux et/ou des moments.

Si certains disent qu’au nom de la liberté, on ne devrait pas cantonner ce type de spectacle à certains lieux, trouveraient-ils normal, seraient-ils honnêtement capables d’organiser de tels événements pour un anniversaire d’enfants ou dans un cimetière ? S’ils admettent que non, ils admettent alors qu’il existe des lieux et des publics pour certaines activités, et qu’une forme de norme ou de décence commune limite la liberté absolue.

Il reste donc à déterminer si l’Élysée fait partie de ces lieux, alors qu’il fait partie de la vie publique, qu’il est médiatisé et potentiellement regardé par le monde entier. Il faut donc se demander l’image que l’on veut renvoyer de l’Élysée. S’il s’agit d’une image de dignité, de sobriété, d’élégance, de distinction, de grandeur… ou de débauche. Et c’est un questionnement que l’on peut se poser, que l’on soit homosexuel (affilié ou non à une communauté) ou pas.
Mickaël Coillot

Politique, Écologie, Collapsologie, Identité, Islam, Société

Directeur de la publication d’Adoxa ● Libéral-conservatisme | Identité | Résilience territoriale. 

                                                                      

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Excellent article Mickael.