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Budget 2020 : Macron, la France à tâtons

Macron, la France à tâtons.

Le Projet Loi de Finances 2020 marque nous dit-on l’Acte II du quinquennat Macron.

En mai 2017 un jeune premier talentueux, auteur et acteur de son œuvre, séduisait son public par son style enlevé, sa prose riche et son énergie débordante. Il nous promettait dans un livre-programme publié en novembre 2016 et intitulé « Révolution » , « une grande transformation comme la France n’en a pas connu depuis l’invention de l’imprimerie et la Renaissance » ! Rien que cela !

Cette pièce de théâtre se révèle un peu plus médiocre au fur et à mesure de ses rebondissements.

L’Acte I n’eut rien de révolutionnaire et l’Acte II lui ressemblera, il ne résoudra rien.    

Nous savons de quel problème fondamental souffre notre pays : il n’est pas suffisamment productif ou du moins il ne l’est pas assez pour financer sainement un modèle social exigeant et un Etat gargantuesque dont les Français dénoncent l’omnipotence mais réclament l’omniprésence.

Nous parvenions à gérer tant bien que mal les contradictions d’une société complexe tant qu’une économie dynamique alimentait mal les caisses publiques et cela malgré les charges excessives que subissait notre appareil productif. Il y avait une condition sine qua non à cette équation: que notre monnaie puisse dériver avec nos dérives.

Avec l’Euro nous nous sommes amarrés au ponton du Deutsche Mark devenu pan-européen et notre navire trop lourd et mal profilé tire désespérément sur une corde trop rigide.

Pour faire face à cette contradiction il nous fallait une révolution productive que Hollande avait timidement et maladroitement ébauché avec le Pacte de Responsabilité et ses 40 Mds € de baisses de prélèvements sur les entreprises.  Macron, qui d’ailleurs profite économiquement de ce que son prédécesseur a initié, nous offre lui une évolution médiocre. 

L’impératif absolu était de continuer à baisser nos couts de production aussi bien dans les services que dans l’industrie et l’agriculture en affalant encore davantage les prélèvements qui pèsent sur nos « boites » petites, moyennes et grandes pour autant que cet effort ne se transforme ni en croissance des dividendes, ni en hausse de rémunération pour les cadres supérieurs mais en investissements et en emplois pour les employés, les ouvriers et les techniciens.  

Macron, considérant que le job était fait côté amélioration de notre compétitivité, a préféré prioriser une baisse de la fiscalité du capital, flexibiliser le marché du travail et améliorer la rémunération des salariés avec la bascule de la CSG tout en promettant un redressement de nos finances publiques. La colère des Gilets Jaunes l’a fait lâcher environ 17 Mds € de dépenses fiscales et sociales supplémentaires, renonçant au passage à la baisse du nombre de fonctionnaires.           

Il a choisi de doper le pouvoir d’achat pour sauver une élection européenne qu’il a tout de même perdu en laissant à nouveau se creuser nos déficits et notre dette malgré la « divine surprise » d’une chute historique des taux d’intérêts qui allège le cout d’un endettement abyssal.

Le résultat de cette politique se traduira bien entendu par un nième report de l’assainissement de nos finances publiques. E. Macron avait promis un déficit public égal à 1.5% du PIB en 2020 il sera au mieux de 2.2% et atteindra la somme effarante de 93 Mds € à laquelle il faut ajouter un déficit des régimes sociaux de 5 Mds Euros alors qu’Hollande avait péniblement réussi à les rééquilibrer. Allez, disons une petite centaine de milliards d’Euros, on n’est plus à cela près !

En l’absence de toute volonté sérieuse de baisser les dépenses publiques et un environnement économique morose il n’y a d’ailleurs pas grand-chose à attendre des budgets 2021 et encore moins 2022 qui s’inscriront dans un contexte de compétition pré-électorale où comme toujours la démagogie sera reine.

Bruno Le Maire nous affirme que 2.2% c’est le chiffre « le plus bas depuis 20 ans ». Peut-être mais c’est très nettement supérieur à celui de l’Eurozone qui sera de 0.9%.  

L’an prochain notre ratio de dette publique sur PIB tutoiera les 100% sans aucune amélioration depuis le départ de Hollande et le montant frisera les 2.500 Mds €

L’Allemagne gagnante structurelle de l’Euro parviendra à équilibrer son budget et à réduire son taux d’endettement à moins de 60% du PIB. Les Pays-Bas parviennent à dégager un excédent budgétaire et à réduire leur endettement à moins de 50%. L’Espagne qui ne dispose pas de nos atouts devrait faire mieux avec un déficit de 1.8%. Certes d’autres seront aussi mauvais que nous comme notre voisin belge qui traine le boulet d’une Wallonie socialisante et improductive et naturellement l’Italie dont l’économie n’est pas anémiée mais carrément cancéreuse.

Le Gouvernement et les économistes complaisants nous expliquent que la France se porte relativement bien grâce à une croissance de 1.3% et à un chômage en légère baisse. Mais qui a l’honnêteté de reconnaitre qu’avec un déficit public et social qui dépassera les 100 Mds € en 2019 n’importe quel gouvernement ferait aussi bien ?         

Bref Jupiter ne résout rien, il tâtonne, il bricole. Hollande « hollandisait », Macron « macronnasse » en prenant un peu ici pour donner un peu là. Comme ses prédécesseurs depuis 20 ans il gère à la petite semaine une pénurie d’argent public qui vient de notre anémie économique devenue chronique. La France manque de globules rouges et ce ne sont pas 5 ans de dose quotidienne de ©Macronite qui va nous revitaliser.  

Le problème n’est finalement pas tellement la taille de notre déficit public car il faut admettre que nous arrivons à nous financer à des taux très avantageux mais ce à quoi il sert.

Si nous faisions le choix audacieux de la révolution productive, celle qui met la création de richesses au centre de notre projet politique, non pas pour que quelque uns se les approprient mais pour que la multitude en bénéficie grâce aux emplois créés, aux recettes fiscales et sociales générées et aux services publics correctement financés.

Il est parfaitement possible de baisser de 30 Mds € les prélèvements qui pèsent sur notre appareil productif, une des bonnes propositions de François Fillon, de façon à lui redonner ce fer qui lui manque pour reprendre partiellement ce que les prédateurs économiques globaux que sont l’Allemagne, la Chine et quelques autres nous ont pris.   

Mais où trouver ces milliards sans imposer une forte hausse de la fiscalité, une cure d’austérité, un désengagement de l’Etat-Providence que le pays ne supporterait pas et que proposait justement le candidat de la droite en 2017 ?  

Cet argent existe et il se trouve dans une série de gisements que l’absence de courage politique ne nous permet pas d’exploiter.

  • La France n’a plus à verser 8 Mds € net par an à une Union Européenne dont plusieurs membres ont largement profité de notre affaiblissement industriel pour accroitre leur part de marché et leur performance économique. La preuve ? Nous enregistrons un déficit commercial de 32 Mds € avec cette UE qui, parait-il, nous profite tant ! Nous pourrions économiser 5 Mds € sur cette contribution au prix d’un très gros clash avec nos partenaires. Que feraient-ils, ils nous expulseraient, alors que nous représentons le deuxième plus gros marché de l’Union ?         
  • Nous nous appauvrissons avec une immigration de masse nord-africaine, sub-saharienne, (mais également un peu afghane, syrienne, etc.) dont le bilan économique et social est profondément contrasté ce qui n’était pas le cas des immigrations européennes et indochinoises. Les chiffres les plus fous circulent sur le fameux « cout de l’immigration » mais il est clair qu’arrêter cette folie nous ferait économiser sans difficulté 5 Mds € par an. A eux seuls Mineurs Isolés Etrangers nous plombent de 2 milliards !
  •  La taxation des produits chinois comme le fait sans état d’âmes l’iconoclaste Donald Trump nous rapporterait 10 Mds € si nous les taxions à 20% sans impacter gravement notre commerce extérieur puisque ce pays nous vend bien plus qu’il ne nous achète. Certes nous paierons un peu plus cher certains produits de consommation mais il y a parfois un mal pour un bien.
  •   Le « mille-feuille administratif » qui empile des Communes innombrables, les Intercommunalités, les Métropoles, les Départements et les Régions nous coute au moins      2 Mds € (sur les près de 180 Mds de frais de fonctionnement de ces collectivités). Il y a aussi et sans doute 3 Mds € à trouver dans les innombrables petites et moyennes gabegies que l’Etat et les collectivités territoriales tolèrent encore.  
  • La lutte contre la fraude fiscale et sociale dans notre pays n’est pas inefficace et les dizaines de milliards « évaporés » que l’on nous annonce sont sans doute exagérés. Il n’en reste pas moins que ce combat contre ceux qui volent l’Etat et donc le peuple peut être renforcé. Nous ne pouvons exiger un Etat providentiel et considérer « en même temps » que le « black » est un péché véniel. Il nous coute des milliards!  Qui peut douter qu’avec des contrôles accrus et des peines plus lourdes pour les fraudeurs 5 Mds € supplémentaires trouveraient rapidement et sans encombre les chemins des caisses de l’Etat et de la Protection Sociale.    

Les voilà les 30 Mds € !

Macron ne veut pas de cette recette. La sienne pour la France n’est finalement pas très différente de celle de ses prédécesseurs. Un mélange de lyrisme, de promesses, de réformes « audacieuses » annoncées avec aplomb, puis, face à la contestation qui est inhérente à la combustibilité de notre corps social, des « changements de méthodes », des mea-culpa, des reniements et au final des demi-mesures qui n’améliorent qu’à minima. C’est ce que j’appelle l’antibiotique sous-dosé.            Il vous évite de mourir mais il ne vous guéri pas,pire, il développe des résistances.

Éric Zemmour avait écrit « Un quinquennat pour rien » pour décrire celui finissant de F. Hollande. C’était bien plus cruel que la vérité mais celui d’ E. Macron sera sans doute qualifié de                          « quinquennat de pas grand-chose ». Les vrais riches qui y auront gagné la transformation de l’ISF en IFI et la « flat tax », les Français modestes et les classes moyennes des petites augmentations de pouvoir d’achat grâce à la hausse de la Prime d’Activité et aux baisses d’impôts.               

Mais au Printemps 2022 notre pays sera dans le meilleur des cas

  • plus endetté que jamais,
  • plus territorialement fracturé que jamais,
  • plus « désidentifié » et islamisé que jamais,
  • aussi désindustrialisé qu’avant,
  • toujours affligé d’un chômage (un peu moins) élevé
  • manquant toujours et partout de « moyens » (éducation, santé, sécurité, dépendance, etc),
  • encore un peu moins souverain grâce à l’euro-fédéralisme rampant.    

Le mandat d’Emmanuel Macron ne se terminera pas sur un désastre. Cela ne sera ni la ruine, ni la guerre civile, ni le délabrement généralisé mais flottera toujours sur notre pays le sentiment que l’on pourrait faire tellement mieux en laissant déferler l’assaut du bon sens.

La question est de savoir si une alternative nationale sérieuse, professionnelle et crédible existera pour lancer cette offensive. Difficile à dire.   

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