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Construction automobile: une trahison française

Il y a quelques jours, au coeur de l’Eté, le grand quotidien économique « Les Echos » lâchait une bombe avec ce titre punitif : « La production automobile française va brutalement décrocher en 2020».

Article factuel accompagné d’un graphe (voir ci-dessous) qui nous rappelle l’effroyable gâchis industriel que nous devons à ceux qui nous gouvernent depuis de nombreuses années et nous gouvernent encore.

En 2004 alors que l’entrée dans l’Euro commençait à miner notre industrie il se produisait près de 3.7 millions d’automobiles dans notre pays, 10 ans après ce chiffre était divisée par deux, puis remontait légèrement et lentement pour représenter 60% seulement à l’heure actuelle de son niveau de 2004. Nous sommes revenus au niveau de 1970 !

Fatalité qui a frappé toutes les grandes économies occidentales ?

Pas du tout !

L’industrie automobile américaine après avoir beaucoup chutée durant la crise est revenu à ses plus hauts niveaux historiques.

L’Italie qui produisait 1.1 millions de véhicules en 2004 subissait les effets de la crise mais parvenait à revenir à ce niveau en 2017.

Le Royaume-Uni qui produisait 1.65 millions d’automobiles en 2004 tombait comme une pierre durant la crise financière de 2008 mais retrouvait et dépassait ce niveau dès 2016.

L’Allemagne connaissait également la même courbe avec une production supérieure à 5 millions de véhicules en 2004, qui plonge en 2008 et 2009 mais remonte à une moyenne de plus de 5.5 millions par an dès 2010 et maintient ce niveau jusqu’à aujourd’hui!

Conclusion : la production automobile française n’est plus équivalente qu’à un tiers de la production allemande, contre les deux-tiers il y a onze ans !

L’Hexagone n’est plus que le dixième constructeur auto mondial.

La France était encore le cinquième au milieu de la précédente décennie.

Outre la Chine (29 millions d’unités en 2017), les Etats-Unis (11,2 millions), le Japon (9,7 millions), l’Allemagne (5,65 millions), nous sont entretemps passés devant: l’Inde (4,78 millions l’an dernier), la Corée (4,1 millions), le Mexique (4 millions), l’Espagne (2,85 millions), oui l’Espagne fabrique aujourd’hui plus de bagnoles que nous, dingue!, le Brésil (2,7 millions). Le Canada (qui a 37 millions d’habitant et n’a aucun constructeur nationaux) est très proche de nous, tout comme la Thaïlande……la Thaïlande !

La République Tchèque pays de 10 millions d’habitants donc six fois plus petit que nous que nous produit 1.5 millions d’autos.

Cette catastrophe tient-elle à un effondrement du marché automobile national ?

Absolument pas ! Il s’immatriculait en France environ 2 millions de voitures en 2004 et 2.17 millions en 2018. Grande stabilité donc.

L’explication est très simple : une délocalisation massive de leur production de petits modèles hors de l’Hexagone (Peugeot 208, Renault Clio) par les constructeurs hexagonaux. Même les modèles de « milieu de gamme » sont touchés ainsi la Citroen C3 est désormais exclusivement assemblée en Slovaquie. 

Renault a ouvert la voie avec le « killer » Carlos Ghosn, mais PSA n’est pas en reste. PSA fabrique un peu plus d’un million d’unités dans l’Hexagone, contre 1,93 million en 2004. Chez Renault les volumes atteignent à peine 750.000 unités contre 1,3 million en 2004.

Mais ne nous y trompons pas, cette fois-çi ce n’est pas en Chine que nos « champions » – pas « nationaux » du tout – ont été s’installer mais en Europecentrale (Slovénie, République Tchèque, Slovaquie), en Espagne et plus récemment au Maroc.

Un massacre à la tronçonneuse qui a détruit des dizaines de milliers d’emplois directs des centaines de milliers d’emplois indirects (chez les sous-traitants), et ruinés des territoires entiers.

On pensait qu’on avait touché le fonds ………mais non on remet cela en 2020 puisqu’on nous annonce une nouvelle vague de départs comme le montre le graphe ci-dessus avec la production de 400.000 véhicules qui va « s’envoler » dont 360.00 sont attribuables à Renault et PSA.

Goodbye la Peugeot 2008 qui part à Vigo (Espagne), la Peugeot 208 qui nous quitte pour Kenitra au Maroc, la Grandland de la société Opel qui appartient maintenant à PSA s’en va en Allemagne et Renault envoie la Clio en Slovénie.

Ah oui mais cela ira mieux en 2021 nous dit-on dans l’article………..ben voyons !

Au terme de ce constat dramatique il est bien sûr tentant de pointer du doigt les patrons de ces entreprises qui ont beaucoup bénéficié d’aides de l’Etat sous une forme ou une autre.

La réel est plus compliqué. Plusieurs facteurs ont joué :

  • l’entrée dans l’Euro qui nous a privé de la capacité d’ajuster notre taux de change pour compenser notre perte de compétitivité-coût.
  • l’ouverture complète de notre marché en 2004 aux nouveaux états membres d’Europe centrale à bas couts qui ont de surcroit reçu des aides massives de l’UE pour s’industrialiser

et

  • la montée continue du cout du travail en France.

Face à ces contraintes les grands patrons de la filière automobile (comme d’autres), qui ne sont pas nécessairement indifférents au sort de notre pays ou des idéologues de la mondialisation, ont réagi comme des agents économiques rationnels et donc calculateurs.

Leurs tableaux de bord financiers leur montrent que produire en France n’est plus rentable surtout pour les petits modèles où la concurrence est rude et les marges faibles, ils vont donc produire ailleurs.

Alors à qui la faute ?

Aux incompétents qui nous dirigent depuis plus de 20 ans, aux Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron, aux socialistes, aux pseudo-gaullistes, aux libéraux euro-béats et autres macronistesqui nous ont écrasé de leur supériorité de « sachants » et nous ont imposé leur idéologie de libre-échangisme illimité.

Tout ce qu’ils ont su faire c’est plonger notre pays dans un trou de déficits, de dettes de chômage et de précarité.

Ils ont de surcroit doublement fracturé notre nation avec une polarisation de la richesse, de l’activité et du travail dans quelques métropoles laissant la grande majorité du pays dans le marasme et en laissant la déferlante migratoire changer en profondeur notre paysage humain.

Mais revenons à l’automobile et plus généralement à l’industrie manufacturière, à l’industrie des services mais aussi à l’agriculture, que pourrions-nous faire de mieux ?

Nous pourrions abaisser le cout du travail en France (sans bien sur baisser les salaires) en réduisant significativement les prélèvements qui pèsent sur nos producteurs. Toutefois à la différence de ce qui a été fait jusqu’à présent c’est-à-dire distribuer bêtement et gratuitement les cadeaux fiscaux, il faut exiger des grandes et moyennes entreprises de vraies contreparties contractuelles en terme de création d’emplois !

Qui paierait ces milliards qu’il faut rendre à nos producteurs et donc à nos employeurs ?

  • la Chine qui nous pille et à qui nous devons imposer des droits de douanes comme le fait Trump et très efficacement,
  • l’Europe à qui nous ne devons plus verser environ 8-9 milliards d’Euros par an en net car elle a assez profité de nous,
  • les fraudeurs en tout genre qui doivent être traqués pour payer ce qu’ils doivent ou ne pas percevoir ce à quoi ils n’ont pas droit,
  • l’Administration nationale et territoriale qui doit être rationalisée en éliminant les strates et les organes inutiles tout en maintenant le service de proximité au citoyen.
  • l’immigration qui nous ruine

« Impossible », « utopique », « xénophobe », « va t’en guerre » répondrons les éternels adversaires de la France.

Difficile, complexe, éprouvant, harassant oui, mais tout à fait réalisable s’il existe une volonté politique inébranlable, une foi absolue dans l’avenir de la France et une intelligence profonde des problèmes et des solutions.

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