Tribunes

Crise diplomatique entre l’Iran et les Etats-Unis: c’est le peuple qui souffre

TRIBUNE – Un an après la décision du président Trump de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran, les relations entre Washington et Téhéran sont au bord de l’explosion.

Les craintes de confrontation entre Washington et Téhéran ont été ranimées après que les forces iraniennes aient abattu un drone américain qui se trouvait selon eux dans leur espace aérien. Sur Twitter, Donald Trump a confirmé avoir annulé au dernier moment une opération militaire contre l’Iran qui devaient viser trois sites et qui aurait pu causer 150 morts.

Les tensions montent depuis que Donald Trump s’est retiré de l’accord nucléaire de 2015. S’il s’est retiré de cet accord, ce n’est pas seulement pour annuler l’accord qu’avait passé son prédécesseur, le président Obama, mais c’est surtout parce qu’il voulait mettre en place un embargo économique pour forcer le régime iranien à renoncer à son programme nucléaire, à ses ingérences dans des pays de la région, et au développement du programme de missiles balistiques.

Trump est convaincu que les pressions exercées vont forcer l’Iran à accepter de négocier un accord englobant le nucléaire, le programme balistique et ses activités néfastes au Moyen-Orient. Il aussi pense qu’en exerçant des pressions économiques sur l’Iran, le pays pourrait être contraint de changer fondamentalement ses habitudes ou de risquer un effondrement économique et un changement de régime de l’intérieur.

Trump sait que le pays va mal et il en joue pour mener à bien sa politique iranienne. Le retour des sanctions américaines a contribué à priver Téhéran de financer ses milices à travers le Moyen-Orient, ce qui a déjà été réclamé par la population.

Malgré 150 milliards de dollars débloqués par l’accord nucléaire de 2015, le peuple iranien est plus appauvri que jamais et selon les estimations des autorités iraniennes, plus de 50 millions de personnes se trouvent sous le seuil de pauvreté.

Comme le rapporte au quotidien le CNRI, l’opposition organisée, la situation pour les Iraniens est terrible depuis des années. Nombre d’entre eux, dans la classe moyenne ont basculé dans la pauvreté du jour au lendemain. Il y a des grèves et des manifestations presque tous les jours et un peu partout à travers le pays. Ces mouvements populaires sont soutenus par les unités de résistance que les mollahs répriment sévèrement. Les Iraniens réclament un meilleur climat économique et une gouvernance plus réactive. Mais au lieu de stimuler la croissance économique, le gouvernement iranien dépense des milliards de dollars pour soutenir le terrorisme.

Le gouvernement iranien essaie de répondre à la crise dans le golfe persique, après l’entrée des navires de guerre américain, par davantage de répression interne afin d’éviter le scénario catastrophe d’une révolte dans les villes ravagées par les inondations du printemps et par la crise économique et financière. Les mollahs estiment que même un affrontement limité dans le Golfe ne serait pas dangereux tant que le peuple restera sous contrôle.

Le système politique iranien donne l’impression d’être perdu et de n’avoir aucune vision du futur. Or, la république des mollahs n’a pas les moyens de poursuivre cette politique de l’immobilisme. Le peuple gronde et ne souhaitent pas que la théocratie survive.

En attendant, l’Iran, dos au mur, vient de reprendre ses tactiques d’Etat voyou et réagit par des attaques terroristes comme il le fait depuis 40 ans. On a pu le constater ces dernières semaines avec les attaques des gardiens de la révolution contre les tankers et le drone américain.

Le régime au pouvoir en Iran se considère en danger, non seulement à cause de la pression maximale exercée par les États-Unis, mais aussi à cause du mécontentement d’un peuple motivé pour un changement et encadré par des unités de résistance étendues dans tout le pays.

Un changement de régime est devenu un impératif pour la paix et la sécurité au Moyen-Orient et dans le monde. Avec le CNRI (une coalition des forces démocratiques et laïques), le pays bénéficie d’une alternative politique capable d’offrir une solution au pays. Cependant, pour accélérer le mouvement, les puissances mondiales doivent dès maintenant mettre fin à l’ère de la complaisance.

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