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« Grossophobie systémique », la nouvelle escroquerie communautaire pour normaliser l’obésité morbide

Le légitime combat des obèses pour cesser les insultes qu’ils subissent eu égard à leur forte surcharge pondérale a dangereusement glissé vers des revendications communautaristes destinées à victimiser et normaliser l’obésité morbide. Ce faisant, certains communautaristes considèrent que la société se divise en deux catégories. Les obèses, victimes et les non-obèses, oppresseurs. 

 

Brut et Konbini ont pour habitude de nous présenter chaque fois de nouveaux spécimens de « victimes sociales. » Cette fois-ci, il s’agira de deux témoins, Daria Marx et Eva Perez-Bello, fondatrices du collectif Gras politique, deux femmes en surpoids, qui sont venus parler de « grossophobie ».

Elles rapportent dans un premier temps ce qui peut s’apparenter à un « harcèlement » quand on le vit fréquemment, par plusieurs personnes différentes, même à travers des remarques plus ou moins subtiles. La première partie de la vidéo où Daria Marx intervient est pertinente lorsqu’elle dénonce le manque de respect et la souffrance psychologique que cela peut engendrer.

Malheureusement, la suite déborde du simple fait de témoigner du manque de respect. Elle dit ensuite que « l’environnement urbain n’est pas adapté« . Elle se plaint que les personnes « grosses » ne peuvent pas vivre « normalement ».

S’il y a des handicaps pour lesquels la société fait son possible pour que les personnes qui en sont atteintes puissent avoir une vie à peu près normale, l’objectif étant le plus souvent plus ou moins atteint. Sauf qu’on adapte en général l’environnement immédiat de la personne et moins fréquemment toute la société sauf si certaines mesures sont « simples » à mettre en oeuvre (rampes pour les fauteuils roulants). Mais cela ne témoigne pas de ce que ces personnes nomment « grossophobie systémique ».

La « grossophobie systèmique » est un équivalent du « racisme systémique » où le but est de faire croire que des personnes subissent une oppression partagée collectivement et validée institutionnellement. On attribue aux personnes qui ne sont pas « concernées », qui ne font pas partie de ces minorités « oppressées » des attitudes « oppressives intériorisées ». Autrement dit, l’Autre est d’emblée un « oppresseur » et la société une sorte « d’ennemie ». Cette logique tirée de Karl Marx (il est d’ailleurs « amusant » que Daria partage le même nom) et qui fait écho au ressentiment chez Nietzsche induit une division et fait en l’occurrence des « gros » une communauté de plus.

Les comportements peuvent aller très loin. Nous allons illustrer cela avec quelques tweets du compte « Nephtys », revendiquée grosse et luttant contre la « grossophobie ».

La santé mentale des personnes grosses c’est pas en option hein. Vos rappels constants qu’on va mourir j’ai envie de vous les enfoncer dans la gorge et que vous vous étouffiez avec. C’est ok à quel moment bordel ??— Nephtys 💀 (@Anouch_jan) 23 juillet 2018

La santé physique passe devant la « santé mentale ». La réalité de ce que subit le corps est occulté par le « bien être social », c’est-à-dire le fait de ne pas se sentir « anormal ».

J’explique que mon médecin traitant est absent, ainsi que mes symptômes. La 1ere question que lui me posera c’est « combien vous pesez? ». Je refuse de répondre en lui disant qu’il n’a pas besoin de cette information.Monsieur se vexe et entame une diarrhée verbale pendant laquelle— Nephtys 💀 (@Anouch_jan) 7 novembre 2018

 

Il y a jusqu’à un refus d’indiquer au médecin son poids. Or comment s’étonner qu’il pose la question du poids parfois en premier puisqu’il voit de façon saisissante l’obésité morbide. Dans le thread, la patiente se substitue au médecin, vient pour une « bronchite », elle connaît son diagnostic et refuse d’aborder le sujet de son obésité morbide. Même si le médecin n’est pas toujours « adroit », il est censé avoir une parole qui a du… poids. Or, sa parole est ici disqualifiée d’emblée par le patient.

Mais alors, bien qu’elle ait conscience d’avoir besoin d’une aide psychologique, quelle sera l’efficacité de cette aide si la thérapie en vient à interroger ses croyances et son mode de pensée, si celui-ci est à l’origine de son mal-être ? Si le rôle d’un thérapeute n’est pas de heurter les croyances de chacun, il n’a pas non plus pour rôle de les valider. Si notre façon de raisonner n’est pas interrogée en thérapie, alors la thérapie ne sert à rien. La thérapie n’a pas pour but de conforter nos croyances et nos façon de raisonner, pas plus que de les heurter.

Un autre détail dans ce type de pensée doit aussi attirer notre attention :

– le racisme anti-blanc n’existe pas
– le sexisme inversé non plus
– je suis Arménienne et j’en parle souvent
– je ne suis pas une gentille douce militante
– je parle énormément de cinémas indiens, de cinéma en général, de musique, de séries parfois
– bienvenue— Nephtys 💀 (@Anouch_jan) 9 novembre 2018

L’attitude sous-jacente qui est une mentalité à part entière se reflète ici très clairement. Les thèmes habituels appuyés par des « études » de sociologie dont le caractère se prétend scientifique, alors qu’il ne l’est pas, se retrouvent dans cette courte présentation. Le ressentiment Nietzschéen (qui était au cœur de la démarche de Malcolm X ou de Karl Marx ou encore des « sufragettes »), se retrouve ici. C’est un signe comme quoi nous dépassons le cadre individuel du manque de respect de certaines personnes envers les personnes obèses et que nous passons à une autre étape, celle de la « lutte des poids », parallèle à la « lutte des classes » (ou celles des « races », des sexes, des orientations sexuelles…).

Mais cette logique nous pose question. En effet, comment repérer que notre obésité morbide est morbide si :

– Si le poids devient tabou même pour le médecin (si le patient refuse d’indiquer son poids pour éviter ses remarques)

– Si personne ne doit trouver ça étrange et ne doit rien dire ou rien faire remarquer.

– Si l’environnement est systématiquement adapté

Si certaines publicités où apparaissent des personnes obèses donnent un côté « glamour », elles ne sont pas là pour « faire la promotion de l’obésité » comme certains l’interprètent. Daria Marx a raison. Ce que les personnes excédées considèrent comme une promotion est en réalité, de la part des personnes militantes comme Daria, des tentatives de « normaliser » l’obésité. Ce qui est encore plus grave.

En effet, si personne ne témoigne que l’obésité est anormale (même de façon maladroite) et si l’environnement est adapté de façon systématique, alors il n’y a plus de moyen de prendre conscience et faire prendre conscience que cette obésité morbide est « morbide » et anormale d’un point de vue sanitaire, biologique… On peut se demander dans quelle mesure les militants ne pourraient pas un jour protester contre l’appellation « morbide » sur motifs de « tolérance » et se substituer ainsi à la parole médicale et aux réalités biologiques.

Nous espérons aussi qu’à travers cette analyse, vous pourrez mieux saisir comment un combat légitime glisse subtilement vers une revendication plus profonde et moins légitime. La première partie est juste mais ne doit pas endormir notre attention, car cela peut être un moyen de mieux faire passer l’aberration à venir. Il faut donc rester vigilant jusqu’au bout.

Sources

https://www.youtube.com/watch?v=SHisSnASthw
https://www.liberation.fr/france/2018/05/31/grossophobie-nous-les-gens-gros-on-porte-notre-souffrance-sur-nous_1655752

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Eric des MonteilsVlan Auteurs de commentaires récents
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[…] Cliquez ici pour lire la suite « Grossophobie systémique », la nouvelle escroquerie communautaire pour normaliser l’obésité … […]

Vlan
Invité
Vlan

Bon article sur ce concours de « qui sera le plus en minorité » tout en imposant son anormalité à la majorité, en se servant d’un prétexte bidon (et ici, largement évitable) pour soutirer de l’argent au quidam par l’intermédiaire de l’Etat auprès duquel ils font un lobbying énorme
Pour le droit de désinscription de la Sécu, afin d’éviter de financer les soins de machins pareils.

Eric des Monteils
Invité
Eric des Monteils

Je n’aime pas les gros : j’ai toujours l’impression qu’ils m’ont volé quelque chose. Si je ne suis pas gros, c’est que je ne me veux pas ainsi ! Et puis j’ai la phobie de toutes les phobies : suis-je « normal ? »

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