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Santé

Homéopathie, le débat

La communauté scientifique débat et s’agite. Faut-il continuer à rembourser l’homéopathie ? Pour François Chast, président de l’Académie nationale de pharmacie, la réponse est non, faute de preuves scientifiques. « Il n’est pas légitime que la communauté nationale dépense de l’argent pour une pratique qui n’a pas fait démonstration de son efficacité. »
Que doit-on donc penser de ces médicaments remboursés, qui ont fait la preuve de leur dangerosité, mais que les médecins continuent de prescrire ?
La Haute Autorité de santé a jusque fin février pour évaluer « le bien-fondé des conditions de prise en charge et du remboursement des médicaments homéopathiques ». « Le problème de l’homéopathie, c’est qu’elle n’a jamais été évaluée comme un médicament, déclarait Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, en mai dernier. Devrions-nous par conséquent en être rassurés ? Il serait effectivement temps de s’en préoccuper ! Près d’un millier de médecins ont signé une tribune contre les médecines alternatives et notamment contre l’homéopathie. Attaqués de toute part, les homéopathes du SNMHF (Syndicat national des médecins homéopathes français) rappellent qu’ils sont avant tout des médecins diplômés, soucieux de la santé de leurs patients.
L’université de Lille a été la première à suspendre son DU d’homéopathie, mais il est à envisager qu’elle ne sera pas la seule. L’université d’Angers vient d’annoncer avoir pris la même décision.
Cette guerre, lancée contre le SNMHF, serait-elle au fond une guerre financière ?
Les conclusions de quatre méta-analyses, effectuées sur l’ensemble des études randomisées en double aveugle, faites en homéopathie, étaient positives. La conclusion de la quatrième (Klaus Linde, Lancet, 1997) stipulait que « l’homéopathie est significativement plus efficace que le placebo ». La grande qualité de cette étude avait même été soulignée lors d’une conférence de jubilé du Lancet en 1998.
Toutes les études indiquent que l’homéopathie, utilisée avec discernement, est sûre et ne présente pas d’effets indésirables, notamment du fait du mode de préparation, dans lequel la substance est diluée et dynamisée. La pratique médicale homéopathique est sans danger, et un patient qui consulte un médecin homéopathe coûte 35 % de moins à l’Assurance maladie (consultation et prescription comprises). La prescription de médicaments homéopathiques en première intention, pour de nombreuses pathologies rencontrées en médecine de ville, est une chance pour notre pays surendetté et sur-consommateur de médicaments.
Et vous, quel est votre avis ?
Laure de Vienne