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Le progressisme en marche

TRIBUNE -Né en France, S.P. prend prétexte de ses origines asiatiques pour adopter un regard extérieur. À l’occasion de l’euthanasie de Vincent Lambert, il s’interroge quant à la direction prise par la société française.

Vendredi 12 juillet 2019, Terminal 2F de l’Aéroport Roissy-Charles de
Gaulle, je lis le Figaro offert par Air France en attendant l’avion qui
doit me ramener à Toulouse. Que l’on m’excuse par avance de ne pas lire les
louanges de Staline dans l’Humanité… « Après la mort de Vincent Lambert,
l’émotion et les questions », titre le quotidien.

Et de fait, comment ne pas s’interroger, quand, un peu partout, on entend
et lit la satisfaction de certains à la nouvelle de cette mort, triste et
inéluctable dénouement d’une agonie qu’ils ont souhaité et appelé de leurs
vœux ?

Plus généralement, c’est l’idéal – en vérité si dystopique – qu’offre la
société dite progressiste qui interpelle. Que nous propose-t-elle donc ?

Diagnostic prénatal pour avorter les présumés trisomiques. Dévoiement de la loi Veil, banalisation de l’IVG, dont on a évacué la notion essentielle de
« détresse » défendue par Simone Veil, par ailleurs une arriérée qui avait
pris part à la Manif pour Tous, en 2013. Euthanasie des handicapés. Arrêt
des soins à partir de 65, 70 ou 80 ans (comme le préconise Jacques Attali,
ou comme en débat la Belgique). Suicide assisté pour la jeunesse en
perdition. Achat d’embryons au supermarché de l’eugénisme, location d’utérus.

Triste écho à des pratiques passées ; mêmes intentions, mêmes
justifications. Elles sont en apparence assez louables, et elles légitiment
les pires dérives.

Ma grand-mère maternelle, cambodgienne, a connu huit grossesses, toutes
non-planifiées. En particulier, la dernière a donné naissance à ma mère, en
pleine guerre civile. Cette enfant indésirable, ce fardeau supplémentaire
en ces moments de lutte pour la survie, née de cette grossesse que
maudissait ma grand-mère, c’est elle qui l’a hébergée et soignée jusqu’à sa
mort, assez récente (je pourrais d’ailleurs raconter l’attitude révoltante
du médecin traitant et des soins palliatifs).

De cette fratrie de huit, cinq ont survécu à la guerre. Aujourd’hui, un
progressiste bien avisé pourrait dire à mes quatre oncles et tantes, plus
ma mère, que le pragmatisme aurait voulu leur avortement. À mon grand-père maternel, veuf, qu’il commence à peser sur les Caisses de la Sécurité
sociale. Et aux Asiatiques qui s’accrochent à une certaine conception de la
solidarité familiale, qu’ils feraient mieux de laisser tomber ces vues
arriérées et rétrogrades pour regarder l’exemple du progressisme à
l’occidentale.

Je ne cesse ainsi de m’étonner du chemin littéralement suicidaire emprunté
par les Français… Sans même parler ici de la théorie du genre et du
militantisme LGBT, qui va donner plusieurs générations de Français sans
repères, de l’islamisme conquérant qui se développe sur les défaillances de
cette société déliquescente, de la collapsologie écologiste qui finira par
détruire l’industrie française et jeter la France dans les oubliettes de
l’Histoire. Pour parachever cet ensemble peu glorieux, de nouvelles
dispositions légales (la loi Avia, du nom de la députée qui a mordu son
chauffeur de taxi) permettront le musellement des discours dissidents, au
prétexte de la lutte contre la haine.

Difficile donc de ne pas être pessimiste… Pour moi, pour nous, la
remigration (le retour au pays, comme celui des Français juifs en Israël,
pour qui le pays des droits de l’Homme est devenu un enfer) reste une
éventualité que je ne peux exclure. Mon grand regret sera alors de ne pas
avoir contribué, à mon échelle, à la richesse nationale. Tout ce que j’ai
reçu de la France, l’instruction, la fierté nationale, le sentiment
patriotique, la France le crache et le détruit. Je deviens un Français
étranger dans son pays, mais je peux toujours me faire adopter par le pays
de mes origines. Mais aux Français français qui se sont reniés, où iront-ils ?

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