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Le récit des villages « ressuscités » par les migrants : une illusion sous subventions

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Les migrants aideraient à « ressusciter » les villages désertés. La presse inonde ses pages avec ces récits, qui devraient servir d’exemple à tous, et qui sont construits à peu près sur le même schéma :

1) inquiétude de la part des habitants, réticence des maires que personne n’a prévenu ;

2) accueil d’un nombre restreint de migrants, petits groupes par petits groupes ;

3) récit selon lequel « tout va bien », « cela se passe bien » où « le village revit »

Un des récits les plus emblématiques fut celui du petit village de Riace (1), en Italie. Comment l’Italie pouvait-elle refuser ? Il suffit de lui rappeler son passé où des millions d’italiens ont eux-mêmes émigré vers la France pour y trouver du travail, afin de jouer sur l’émotion, sur le sentiment de devoir rendre à autrui ce qu’on nous a donné. Comment les italiens pourraient-ils refuser d’accueillir des personnes qui comme eux-mêmes ont « fuit la misère » ?

Pour que ce genre de technique de manipulation fonctionne, il suffit de taire le contexte historique et politique précis, passé ou actuel (tous les migrants ne viennent pas de pays en guerre, l’économie italienne n’est pas au beau fixe, les pays pauvres ne pourront pas s’enrichir s’ils sont vidés de leurs habitants en capacité de travailler, des dictateurs maintiennent la précarité économique…) et de taire que la moitié ou un tiers des immigrés italiens sont rentrés au pays.

Mais soit, que s’est-il passé dans ce village pionniers de Riace situé en Calabre, à l’extrême sud-est de l’Italie ?

L’article nous parle de la rencontre d’une utopie (c’est mauvais déjà signe). Les habitants de Riace se sont mobilisés pour accueillir les migrants, en retapant des maisons, en leur apprenant la langue. On parle de bénévoles qui se sont improvisés enseignants, d’artisans ayant formé des apprentis, la naissance d’une équipe de foot, d’un maire qui a repoussé la mafia… un paradis ? Est-ce donc applicable à chaque village « déserté » comme il en existe des milliers en Europe ?

Comment réalise t-on ce type de miracle ? Le secret est simple : les subventions.

« Son village de 1.800 habitants faisait partie depuis des années du dispositif italien dit « Sprar » (Système de protection des demandeurs d’asile et des réfugiés) qui consiste en des centres gérés par les municipalités locales, via des subventions publiques. »

2015 était, rappelons-le, l’année des promesses. La réalité avec les migrants s’exprime 1 à 3 ans après. Le maire de Riace, Domenico Lucano, a été placé en résidence surveillée et fut interdit de séjour dans sa commune. Il a en effet été accusé d’aide à l’immigration clandestine, via notamment des mariages blancs afin d’aider des femmes déboutées du droit d’asile. Il a aussi été accusé d’avoir passé des appels d’offres pour attribuer la gestion des déchets de son village à des coopératives liées aux migrants. L’Association Nationale des partisans d’Italie (ANPI) a reproché au gouvernement de ne pas s’attaquer à la mafia, comme si cela avait à voir avec les actions du maire.

Mais les difficultés du village datent d’avant l’arrivée de Salvini au pouvoir. Il y avait déjà des irrégularités de gestion en 2016.

Comment tout a commencé à s’effondrer en fin de compte ? C’est simple : la fin des injections d’argent publique. Et les emplois crées (enseignants) ne rapportent pas d’argent puisqu’il s’agit de subventions pour des métiers qui ne produisent pas de richesses (Il faut rappeler que l’Italie connaît un fort déficit public). Le Point nous relate un récit en partie dramatique, avec des témoignages de migrants se demandant ce qui va leur arriver, déplorant une situation que, au final, le maire a crée par son irresponsabilité, avec un projet qui était déjà impossible. C’est comme déplorer le licenciement économiques et la fermeture d’une entreprise alors que le projet était bancal et la gestion mauvaise. Mais nous savons que les lecteurs seront plutôt touchés par le récit de détresse des personnes, et verront certainement le gouvernement comme le « méchant » (surtout s’il est « d’extrême droite »), plutôt que la simple réalité : il faut de l’argent pour certaines activités tiennent debout. Qui doit payer ? Combien de temps ? Avec quel argent ? Ils trouveraient normal de travailler pour gagner leur vie, et normal de ne pas en gagner s’ils ne travaillaient pas, ou trouveraient normal d’être en difficulté s’ils géraient mal leur argent. Mais ils n’appliquent pas ce raisonnement à ce type de situation. La démagogie a donc de l’avenir en jouant sur le « bon cœur » des gens.

Des récits similaires, mais sans utopie cette fois, se sont déroulés en France. Au Luc en Provence dans le Var (5), le récit est le même que pour Châteaudouble (6). Les maires n’ont pas été concertés, le refus des habitants n’a pas été pris en compte. L’État impose les migrants (ou demandeurs d’asile) aux français.

Et finalement, cela se passe « bien ». A quel prix ? Un fort encadrement des migrants et une pension de 200 euro par mois (sans compter les autres aides de type AME, etc). Sauf que les migrants semblent plutôt oisifs (7), La plupart restent au centre toute la journée, nous dit l’article. Le maire n’a pas changé de position, car comme l’a fait remarqué le maire (8), « ils ne font que ce qu’il est normal de faire, et on devrait s’extasier ? » Le maire est déjà fort humaniste. Si les migrants faisaient ce qu’il est normal de faire, ils seraient plutôt massivement en recherche d’emploi et d’autonomie pour vivre.

Tout cela n’est nullement la marque d’une intégration réussie. En effet, nous rappelons que malgré l’aide apportée, la majorité des migrants reste au chômage en Allemagne, où refusent des jobs qu’ils estiment peu payés aux Pas-Bas. Et quels métiers occuperaient-ils avec les avancées technologiques qui révolutionneront l’emploi ? La France connaît un fort déficit public, combien de temps peut-elle injecter de l’argent pour acheter ces îlots de tranquillité ? Car dans les villages, les habitants peuvent se tenir à l’écart. Dans des plus grandes villes comme à Nice, des migrants venant du centre de la Madeleine suivent les jeunes femmes et bousculent les personnes âgées (9).

Imaginez ce qu’il se passerait sans encadrement, sans injection d’argent public, avec une obligation de trouver un travail stable, dans un pays avec un fort taux de chômage ? Quand la France a accueilli les italiens, le pays était en pleine croissance et avait besoin de main d’œuvre. De plus, les italiens sont des européens, éduqués comme la moyenne des européens, qui fréquentaient l’Église comme les français. Il ne s’agit pas des mêmes immigrés. Aucun indice n’a montré de convergence générale ni d’un point de vue culturel, ni socio-économique entre les immigrés maghrébins d’hier (années 1960-80) et les Français. Rien n’indique qu’il en sera autrement avec les migrants d’Afrique noire qui viennent de pays encore moins développés. Or, il semble que l’état de développement du pays d’origine influence beaucoup la qualité des futurs immigrés. Quand il y eut la première grande vague d’immigrés chinois, le pays était en plein essor, les immigrés qui n’étaient pas qualifiés, motivaient leurs enfants à travailler à l’école. c’est la deuxième génération qui a dépassé le niveau socio-culturel des français.

Le même type de récit dans le village de Saint-Beauzire, dans le Puy-de-Dôme (10). L’article nous dit que les villageois ont cœur à accueillir le mieux possible les migrants, même si on ne sait pas si cet échantillon est représentatif de l’ensemble du village. Nous apprenons qu’il y avait 6 familles et 72 hommes seuls. Mais il n’est plus secret que l’écrasante majorité des migrants et des demandeurs d’asile africains sont des hommes. Nous apprenons dans cet article FranceInfo, que 200 bénévoles leur rendent visite régulièrement. L’État finance le centre et ses salariés à hauteur de 900 000 euro par an. Donc, en plus des pensions, de l’AME, etc., vous devez ajouter le coût des salariés. On ignore si tous ces bénévoles sont des retraités, des salariés ou si certains sont au chômage, on ignore d’où ils viennent ni ce qu’il leur coût de venir rendre visite aux migrants.

Je vais peut-être paraître trivial, terre-à-terre, mais l’argent est le nerf de la guerre. Sans argent, on ne fait pas fonctionner un hôpital par exemple. Qui viendrait y travailler tous les jours gratuitement, entretenir les locaux, soigner les patients ? Devez-vous travailler pour financer avec vos impôts les expérimentations incertaines de l’État, alors qu’en plus les pays d’origines des migrants auraient besoin de leurs habitants pour transformer leurs pays respectifs ?

De plus, rien ne permet d’envisager un « retour sur investissement ». Les données dont nous disposons indiquent même que leur présence pourrait continuer de coûter, surtout s’ils évoluent comme les autres immigrés africains et arabes des années 1980-90, avec une hausse de la délinquance et de la criminalité, ainsi qu’un faible taux de diplôme. De plus, étant donné qu’il n’y a que des hommes, comment pourraient-ils assurer le renouvellement des générations ? Est-ce que l’État compte sur les mariages mixtes (alors que les européens font en général moins d’enfants) ? Veut-il procéder à un regroupement familial plus tard ? Et si les villages se vident de leur population autochtone mais se remplissent de migrants, comme ne pas interpréter cela comme un remplacement, selon le terme employé par le rapport de l’ONU en 2010 ? Ce qui conforterait les inquiétudes identitaires des français.

Mais il faut aussi tenir compte d’une chose dans la situation « paisible » avec ces migrants et demandeurs d’asile : ils ne sont pas traités comme les habitants traitent habituellement leurs semblables. Les relations ont quelque chose « d’artificiel », de « circonstanciel », un peu comme lorsque vous êtes dans une situation d’urgence et que vous coopérez brièvement avec des personnes avec lesquelles vous ne vous entendriez pas forcément dans des circonstances usuelles. On a pas les mêmes attentes envers ces migrants, donc on tolère leurs différences culturelles, on ne s’attend pas aux mêmes codes de respect. Et eux ne sont pas confrontés à nos comportements usuels. Dés lors, il y a moins de chances de conflits car nous ne sommes pas dans une situation d’égalité (il n’y a donc pas d’intégration non plus si nous ne pouvons vivre à égalité dans nos relations). Et dans les villages, les habitants peuvent se tenir à distance des migrants, ce qui n’est pas le cas en ville. Or c’est en ville qu’il y a de l’emploi le plus souvent. Mais c’est aussi là que les comportements inciviques flambent.

Il est donc quasi impossible d’affirmer que les situations artificiellement paisibles dans les villages puissent tenir durablement. Surtout si des incidents comme des agressions impliquant des migrants, venaient à se multiplier. Et encore une fois, l’illusion du vivre-ensemble inconditionnel volerait en éclat.

(1) https://information.tv5monde.com/culture/italie-un-village-de-calabre-revit-avec-ses-migrants-151129

(2) https://www.challenges.fr/societe/italie-le-maire-de-riace-village-des-migrants-interdit-de-sejour_619845

(3) https://www.ouest-france.fr/europe/italie/italie-salvini-fait-evacuer-les-migrants-d-un-village-vu-comme-un-modele-d-integration-6017687

(4) https://www.lepoint.fr/monde/en-italie-le-village-des-migrants-ne-veut-pas-mourir-19-10-2018-2264101_24.php

(5) https://ripostelaique.com/depuis-2014-nous-redressons-le-luc-et-le-prefet-nous-impose-trente-migrants-hommes-seuls.html

(6) https://www.20minutes.fr/societe/2303323-20180706-oui-chateaudouble-va-accueillir-72-demandeurs-asile-migrants-clandestins

(7) https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/le-luc-une-ville-reconciliee-avec-les-migrants_2823115.html

(8) https://www.varmatin.com/politique/europeennes-dans-le-var-jordan-bardella-rn-denonce-la-politique-migratoire-anarchique-381445

(9) https://www.nicematin.com/vie-locale/un-centre-pour-migrants-controverse-a-la-madeleine-377607

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