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Un prince saoudien devient le deuxième actionnaire de Twitter

Twitter vous connaissez ? Ses difficultés en bourse qui semblent avoir pris fin en partie avec le doublement de caractères par message et la possibilité d’insérer photos et vidéos, ses censures multiples et croissantes. Et maintenant un actionnaire saoudien de poids dans un pays où la liberté d’expression est encore plus contrôlée qu’en France, c’est tout dire.

Mon père il est émir

Telle était l’immortelle déclaration d’Abdallah dans Tintin au pays de l’or noir de l’immortel Hergé. C’est la même chose pour le prince Al-Walid ben Talal, son père était émir ou quelque chose d’approchant au joli royaume des Saoud. Sa holding s’appelle Kindgdom Holding Company (KHC), la holding du royaume, en toute simplicité.

La holding du royaume

KHC possède déjà des parts dans Dysney, Citibank, les hôtels Four Seasons, les hôtels Mövenpick, le George V à Paris, le Savoy à Londres et de nombreux intérêts dans la distribution en Arabie Saoudite, l’immobilier (la Kingdom Tower, plus haut gratte-ciel du monde), la compagnie aérienne locale et quelques babioles. Le tout est estimé a minima à 15 milliards de dollars. Alors investir un milliard de dollars dans Twitter ne constitue certes qu’un investissement, mais un investissement pas comme un autre.

Deuxième actionnaire de Twitter

Si vous avez un milliard de dollars sous la main, vous achetez 35 millions d’actions de Twitter et vous devenez son second actionnaire avec 5% du capital. Juste derrière le co-fondateur Jack Evans (un peu moins de 7%) et juste devant Jack Dorsey l’autre co-fondateur avec un peu plus de 3%. Par hasard (ou comme le résultat de l’investissement princier), Jack Dorsey était confirmé comme PDG de l’entreprise.

Dorsey, dont la fortune est estimée au-delà de 4 milliards de dollars, a eu le douteux privilège d’être élu « le plus mauvais président d’entreprise de l’année » en 2017. Auparavant président de Twitter, il avait vu Dick Costolo lui succéder avant une longue période de vacances faute de candidats pour le poste. Le choix de Dorsey ne peut être étranger à la montée en puissance du prince.

Pour ajouter du piquant à l’histoire, les réseaux sociaux sont étroitement contrôlés en Arabie Saoudite, Twitter inclus. Twitter qui se pique d’éthique dans ses « règles » a été félicité par l’Union Européenne pour sa politique de censure, nul doute qu’il recevra les mêmes félicitations de l’aimable Al-Walid ben Tatal.

PS : Les premières lignes des règles de Twitter « Nos règles sont là pour assurer que chacun puisse participer au débat public librement et en toute sécurité » (sic). L’hommage du vice à la vertu ?

 

Source: Observatoire du Journalisme

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