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Il y a 45 ans, les Khmers rouges commençaient l’extermination systématique du peuple khmer

TÉMOIGNAGE : Le 17 avril 1975, les communistes Khmers rouges prenaient Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Le journal Le Monde se réjouit alors de sa « libération ». En 1979, date de leur chute, un cinquième de la population khmère a péri de leur idéologie mortifère.

Ma grand-mère (1935 ? – Albi, 2018) et mon grand-père (1934 ? –) maternels étaient alors des paysans illettrés dans la région de Kompong Cham, tous deux d’un arrière-plan extrêmement modeste. Rescapés des camps de travail khmers rouges, ils sont reconnus réfugiés politiques par la France au début des années 1980.

Les Khmers rouges (« khmer » est l’adjectif équivalent à « cambodgien » : il désigne à la fois la langue et l’ethnie), communistes maoïstes, avaient pour chefs et idéologues des Cambodgiens formés à l’université française dans les années 1950-1960. Les plus éminents d’entre eux se signalent alors comme adhérents du Parti Communiste Français (PCF) et lecteurs assidus de l’Humanité. À cette époque-là, Paris voit se réunir ceux qui, de 1975 à 1979, extermineront 20 % de la population cambodgienne, soit 1,7 millions d’âmes. Les intellectuels et les élites, en particulier celles liées aux Occidentaux ou au pouvoir déchu, sont massacrés en priorité. L’idée est d’éliminer ensuite tous les adultes afin de faire émerger une nouvelle génération de jeunes totalement formatée, débarrassée de la religion, de la propriété privée et donc du capital, et des influences extérieures. 

Après la chute de Phnom Penh et des années de guérilla, toute la population du pays est déportée à la campagne. Le pays devient un vaste camp de travail à ciel ouvert. Enfants, parents, aucun lien ne subsiste : la famillecorps intermédiaire donc ennemie de l’Etat, est éclatée. La famine sévit et persistera après la chute du régime. Le Cambodge ressemble alors à un immense champ de bataille jonché des ruines des propriétaires spoliés, des effets des habitants chassés de leurs villes et des cadavres de ceux qui ont succombé aux mauvais traitements. La délation des parents, des proches ou des voisins, est encouragée. Régulièrement, des colonnes de travailleurs disparaissent vers des destinations inconnues, pour y creuser de grandes fosses. Afin d’économiser les munitions, on fournit des outils agricoles et de l’alcool, si besoin, aux très jeunes Cambodgiens sommés d’épauler les miliciens en charge du nettoyage. 

Le régime tombe en 1979, quand les Vietnamiens envahissent le Cambodge (les Khmers rouges étaient sous influence de la Chine, tandis que le Vietnam était proche de l’URSS, dans un contexte de rivalité idéologique entre les deux grandes puissances communistes). Exsangues, affamés, et cultivant depuis toujours une phobie historique de l’envahisseur vietnamien, les Cambodgiens désertent en masse le pays et les combats pour stationner par centaines de milliers dans des camps de réfugiés en Thaïlande (pays qui prend part aux affrontements en appuyant les Khmers rouges). La France, les Etats-Unis et l’Australie sont les principaux pays d’accueil au début des années 1980, tandis que des conflits armés s’éternisent jusqu’en 1999, date à laquelle les Khmers rouges sont définitivement hors-jeu.

Arrivés en France, apatrides, mes grand-parents maternels ont été couturiers, mécaniciens en confection, ouvriers agricoles saisonniers, serveurs, homme et femme à tout faire, père et mère de huit enfants au total, dont cinq rescapés avec eux de l’enfer communiste, puis grand-parents et un jour, citoyens français. Battants, ils évoquent ces années de labeur avec sobriété. Je crois que « se plaindre« , ils n’en avaient pas vraiment le temps. Donc encore moins pour voler, frauder, caillasser ou même revendiquer. Les théories intersectionnelles de « racisme systémique » sont un luxe pour experts en victimisation désoeuvrés.

L’expérience khmère rouge ressurgit ponctuellement au détour d’un bavardage : en apparence, le recul a fait son effet, mais le traumatisme subsiste, en profondeur. Depuis le décès de ma grand-mère, les allusions spontanées se raréfient. Mon grand-père veuf garde encore une phobie maladive des voleurs, des tueurs et des kidnappers, stigmate indélébile d’une période de violence extrême.

Aujourd’hui, la France veut bien se repentir de l’oeuvre coloniale accomplie en Algérie, quitte à valider le discours vindicatif des islamistes. Mais a-t-on jamais entendu l’un de ces adorateurs sorbonnards de Mao ou de Staline exprimer le moindre regret ? Comment le PCF, qui a donné les dirigeants khmers rouges, est-il encore debout – pire, comment des Français accordent-ils encore leur suffrage au PCF ou à ses émules, NPA, LO, LFI, Les Verts ? Pourquoi le communisme, qui a fait 100 millions de morts, n’est-il pas relégué au rang du nazisme ? Pourquoi le négationnisme du mal communiste est-il si bien toléré ? 

Ne croyons pas un seul instant que le monde se soit défait du poison communiste. L’écologisme radical le remet aux couleurs du jour : vertes et sociales. Un Etat toujours plus présent, presque paternel, aux attributions tentaculaires ; l’addiction à la dépense publique, toujours plus étendue, au nom de l’action publique, de la justice sociale, de l’égalité, si bien que le contribuable ne travaille plus que pour l’Etat ; une tendance à la confiscation des richesses et un climat inhibiteur pour l’entreprenariat ; une acceptation docile des restrictions de libertés ; des attaques persistantes contre la famille et le christianisme, socle historique de la civilisation européenne ; une école idéologique et des médias peu indépendants, où toute contestation devient suspecte et non avenue : ce sont autant de symptômes qui doivent nous alerter. 

Après le coronavirus, deux France pourraient ainsi émerger de la crise : une France patriotique, recentrée sur une industrie nationale, fière de son héritage et de son identité, terre d’entrepreneurs et de chercheurs ; ou bien une France adossée à l’Etat, dernier vestige d’une ex-puissance industrielle et lui-même sous tutelle  financière d’organisations supranationales et de normes « environnementales » collectivistes, en marche vers les oubliettes de l’Histoire. La misère pourrait y être telle que l’abolition de la propriété privée, à la suite des libertés individuelles, n’apparaîtrait plus comme une extrémité improbable.

S.P.

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