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Islam et réforme de la loi de 1905: ce qu’Emmanuel Macron nous réserve

ANALYSE – Les contours de la structuration de l’islam en France voulue par Emmanuel Macron sont maintenant connus. Appliquant une verticalité qu’il assume, notre président a décidé de structurer l’islam en imposant une transparence dans le financement des mosquées et en élargissant leurs sources de revenu. Pour cela il a choisi de réformer la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat en imposant un statut cultuel « rénové » aux associations musulmanes 1901. Mais chercher à structurer un islam que l’on veut « de France » tout en continuant à autoriser le financement provenant de l’étranger est un paradoxe et une contradiction desquels ne sort pas ce projet de réforme. 

Vouloir rendre davantage soluble l’islam dans la République se heurtera à l’opposition des structures représentatives des musulmans eux-mêmes, plus que jamais divisées et concurrentes, représentatives d’intérêts étrangers, réfractaires à toute forme de contrôle de l’Etat dans lequel elles perçoivent un relent colonialiste. Cette vision macronnienne se caractérise par contre par une absence de mesures fermes de l’Etat afin de s’attaquer au véritable problème, celui de la progression de l’islam fondamentaliste et du communautarisme dans notre pays.

Même si en apparence il nous promet une plus grande répression contre les prédications contraires à l’ordre public et un contrôle de la formation des imams, objectifs déjà recherchés mais toujours en échec, il est à craindre que l’islam radical en ressorte finalement renforcé. Pourtant des mesures urgentes et alternatives sont à prendre.

L’islam adaptable à la loi de 1905 ?

Le christianisme homogène de 1905 n’a eu aucun mal à se fondre dans la République, ce qui n’est pas le cas de l’islam aujourd’hui qui est pluriel et divisé. La première verticalité macronienne est celle de vouloir intégrer l’islam dans la loi de 1905, ce que le législateur, dans sa grande sagesse, avait refusé de faire à l’époque. Des dérogations avaient d’ailleurs été adoptées pour les départements algériens et son inapplication reconnue pour les territoires de l’Empire colonial à forte majorité musulmane (1).

Les réticences reposaient aussi sur les fondements mêmes de l’islam, religion théocratique ne séparant pas le politique du religieux et prônant l’application de la Charia. Or, « la Sharia réglemente la vie religieuse, politique et sociale, dicte le statut personnel, édicte le droit pénal, le droit public et le droit international, pose les principes du droit conventionnel. La conséquence naturelle de cette conception totalitaire est aussi le mélange du spirituel et du temporel » et « la pensée démocratique que la volonté du nombre peut faire la loi, en s’exprimant par les différents modes de suffrage, est une idée qui n’a jamais pénétré l’islam » (2).

Tout le contraire du principe de laïcité sur lequel est fondé notre République depuis 1905. L’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud analyse très bien cette dichotomie entre Islam et laïcité (3). Par ailleurs, dans le Coran l’islam est située au-dessus des autres religions et a vocation à conquérir le monde (4). C’est pourquoi dans la tradition musulmane, le monde est initialement divisé en seulement deux parties : le Dar al-islam ou « domaine de la soumission à Dieu » et le Dar al-harb, le « domaine de la guerre de conquête ».

« La France n’a pas vocation à entrer dans le Dar al-islam »

Disons le tout net, la France n’a pas vocation à entrer dans le Dar al-islam et devenir une société confessionnelle, ni même multiculturelle, ce serait faire insulte à notre histoire. Aucun coup de pouce, y compris financier n’a donc à être donné dans ce sens, au nom de la liberté religieuse. Allez-donc voir comment vous serez reçus si vous essayez de construire une église ou de faire du prosélytisme chrétien en terre d’islam !

Il est vrai que certains pays musulmans ont su adapter leurs lois au contexte d’aujourd’hui comme par exemple la Tunisie avec son code du statut personnel, non sans de fortes critiques de la part du monde arabe dans son ensemble, mais intrinsèquement l’organisation de la famille islamique demeure globalement patriarcale. Le mariage, la filiation, la protection du mineur et les successions illustrent le particularisme de ce corpus juris marqué par l’absence d’égalité entre l’homme et la femme.

Enfin, le Coran prévoit bien qu’un musulman soit tenu de respecter les lois en vigueur dans son pays de résidence mais le problème survient quand ces lois sont contraires à l’islam. Un sondage Ifop-JDD de septembre 2016 indiquait que 29% des musulmans en France mettaient la Charia au-dessus des lois et ont adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République, s’affirmant « en marge de la société ». Il ne s’agit nullement de stigmatiser les musulmans dans leur ensemble mais de mettre en évidence la difficulté pour un nombre important d’entre-eux d’assumer tout à la fois leur religion et la laïcité. Cela explique aussi, à mon avis, la difficulté pour les représentants de l’islam en France de tenir un discours clair sur les questions d’adaptation aux lois de la République et opposé à celui de l’islam radical, préférant continuer à revendiquer plus de lieux de culte. En cela « ils portent sans doutes une lourde responsabilité historique dans la montée du péril islamiste dans notre pays et la défiance des Français envers l’islam »  (5). Nous voyons donc bien que toute ambiguïté n’a pas encore été levée et l’inclusion de l’islam dans la loi de 1905 n’apportera pas la solution à ce problème.

Un contrôle par l’Etat du financement de l’islam en France qui risque de favoriser les mouvances intégristes

Aujourd’hui, les musulmans en France s’organisent généralement autour de la loi de 1901 qui donne la liberté d’association par déclaration en préfecture. Le statut associatif encadre les finances des associations et la loi sur l’économie sociale et solidaire de 2014 qui leur ouvre la possibilité de posséder des « biens de rapport » exclut les associations cultuelles. La réforme envisagée vise essentiellement à permettre aux associations cultuelles d’élargir leurs sources de revenus (loyers immobiliers) en contrepartie d’un contrôle de leurs autres ressources financières (dons de particuliers et étrangers) et par une obligation pour les associations musulmanes 1901 ayant trait au culte, d’adopter le statut cultuel rénové prévu par la loi de 1905.

Envisager d’imposer aux musulmans eux-mêmes très divisés une réforme dont ils ne veulent pas et qu’ils chercheront à contourner, constitue une autre verticalité macronienne. En effet, l’islam de France est marocain, algérien, turc ou autre, et non français. Le lien notamment financier avec la communauté source est essentiel pour les apparatchiks du culte et un contrôle accru de l’État français signifie la perte d’immenses ressources financières semi-clandestines (pélerinage et halal). La transparence dans le financement des mosquées n’existe pas aujourd’hui mais cette réforme risque d’en accentuer l’opacité et de nourrir les courants salafistes, fréristes, tabligh ou encore milli gorus turk qui sont dans une logique identitaire de reconquête des esprits et vont chercher à profiter de ces nouvelles dispositions pour s’enrichir par tous les moyens, tout en déguisant l’origine des fonds lors des contrôles.

Surtout si ces contrôles sont effectués par un islamo-compatible tel Christophe Castaner, ministre des cultes et donc chargé de la réforme, qui met sur le même plan le voile islamique et le voile porté par toutes les femmes catholiques à une certaine époque !!. On sait que l’islamisme est plus riche que l’islam. La reconnaissance formelle et la capacité financière accrue pour des mosquées tenues en particulier par les frères musulmans a de quoi inquiéter (6) (7). Dès lors, continuer à autoriser un financement provenant de l’étranger est en contradiction avec l’objectif affiché d’un islam de France. La seule issue est l’interdiction de ce financement étranger significatif d’une volonté d’influence et d’ingérence sur notre territoire assorti d’un contrôle strict et de sanctions sévères.

L’islam en France doit s’adapter à la loi 1905 et se financer sur fond propre comme l’église catholique (deniers, quête, offrandes, legs). La bonne réforme consisterait à imposer le statut cultuel actuel à toutes les associations musulmanes 1901 destinées au culte, sans avoir à modifier la loi 1905, et d’imposer là aussi un contrôle strict des ressources pour toutes les associations cultuelles.

Une réforme qui se heurtera à une concurrence effrénée des organismes musulmans, contraire à la structuration recherchée

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) dont l’actuel président d’origine turc Ahmet Ogras a déclaré que « le culte musulman est une religion, donc elle gère elle-même sa maison » a déjà créé sa propre structure financière de type association cultuelle à l’été 2018 afin de prendre les devants et l’a intégré à ses statuts en mars 2019, après un désaccord profond avec un collectif de grandes mosquées favorable à une décentralisation départementale. Mais c’était sans compter sur Hakim El Karoui, de l’institut Montaigne et ancien de la banque d’affaires Rothschild, Sherpa d’Emmanuel Macron pour cette réforme, qui est à l’origine de la création le 05 avril 2019 de l’association musulmane pour l’islam de France (AMIF). A la fois association 1901 culturelle et association 1905 dans un second volet cultuel, elle est destinée à contrecarrer la volonté hégémonique de gestion financière du CFCM.

Ces chicayas se produisent sur fond de guerre intestine pour savoir qui va s’imposer aux yeux de l’Etat. Hakim El Karoui affiche l’espérance d’une insertion paisible de l’islam dans la République en répartissant les rôles. A l’AMIF le volet financier et religieux, en particulier la formation et la rémunération des imams, la construction de mosquées, mais aussi l’amélioration de l’image de l’islam en France, la lutte contre la radicalisation, la xénophobie, le racisme, en particulier antimusulman, l’antisémitisme… Véritable caisse de financement, l’AMIF espère obtenir la régulation économique des marchés du halal et le statut de régulateur officiel des agences de voyage qui organisent le pèlerinage à la Mecque, en Arabie saoudite, en percevant à ce titre une rémunération.

Encore faudra-t-il l’accord de l’Arabie Saoudite, ce qui n’est pas acquis, et encore sous quelles conditions ? Au CFCM reviendrait le rôle institutionnel malgré qu’il soit de moins en moins représentatif et, à la Fondation pour l’islam de France (FIF) la partie culturelle.

Dans ce domaine aussi l’enfer est pavé de bonnes intentions…

La création d’un Conseil théologique « indépendant » est également prévue au programme de l’AMIF ainsi qu’un Conseil national des imams de France (Cnif) pour participer à la formation des religieux musulmans et l’élaboration d’une charte de l’imam. Belles intentions bien loin de la réalité. Bernard Godard, qui a été de 1997 à 2014 l’expert de l’islam au ministère de l’Intérieur n’est pas optimiste sur une telle fusion des instituts de théologie et je partage son opinion à l’heure où se multiplient les Conseils théologiques en France, jusqu’au niveau départemental parfois. Le CFCM, la grande mosquée de Paris et l’ex-UOIF possédent chacun le leur et je ne vois pas quelle autorité religieuse pourrait les unifier. L’existence de ces conseils est considérée comme un facteur d’influence et d’indépendance.

Il est aussi vain d’essayer d’organiser la formation des imams et un clergé qui n’existe pas en islam, comme veut le faire cette réforme. L’État ne peut que suggérer et les expériences tentées ont échoué. En effet, « les diplômes universitaires «laïcité» se sont multipliés depuis les attentats de 2015, formant 400 personnes par an, mais peu de participants sont des imams. Tout au plus 5 sur des promotions de 20 à 30 » (8). Ce qui est certain c’est qu’en désignant l’imam Tarek Obrou, membre du Conseil théologique des frères musulmans des « musulmans de France », ex UOIF, responsable de l’AMIF volet cultuel en charge de la formation et de la rémunération des imams, cette réforme offre une véritable rampe de lancement aux fréristes afin de tenter de centraliser cette formation. Pas sûr que cela convienne aux autres mouvances car c’est un univers peu homogène qui ne s’inscrit pas toujours dans le contexte français et considéré aussi comme un facteur d’influence et d’indépendance (9). Je ne vois donc pas comment notre Etat laïque pourrait imposer une formation des imams dans un seul pôle et je ne suis pas sûr que cela soit même souhaitable quand on sait l’emprise des frères musulmans dans notre pays.

La solution ne peut être que l’interdiction de la venue d’imams étrangers et des prêches en arabe, encore une fois pour éviter l’emprise consulaire, ainsi que la fermeture des mosquées et centres de formation aux discours radicaux

N’oublions pas que cette confrérie soutenue par le Quatar, est considérée comme organisation terroriste par l’Egypte, la Russie, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis et que les Etats-Unis sont à deux doigts d’en faire de même. Le livre « Qatar papers  » (éditions Michel Lafon), de Georges Malbrunot et Christian Chesnot révèle la cartographie du prosélytisme en France et en Europe mené par Qatar Charity, la plus puissante ONG de l’émirat afin de financer écoles libres ou sous contrat avec l’État, mosquées ou centres islamiques. Et l’Etat est testé comme par exemple avec le cas de l’école musulmane d’Echirolles (38), d’inspiration salafiste, qui a porté plainte en mai 2019 devant la Cour de Justice de la République contre Jean-Michel Blanquer qui veut la fermer, une façon de se victimiser. D’autre part et pour l’anecdote, la proposition d’Annegret Kramp-Karrenbauer, présidente de la CDU allemande le 11 mars 2019 de proposer de créer en Europe des « chaires Nathan le Sage » de fraternité religieuse (10) pour former nos propres imams et nos propres enseignants dans cet esprit, n’est évidemment pas recevable. 

La solution ne peut être que l’interdiction de la venue d’imams étrangers et des prêches en arabe, encore une fois pour éviter l’emprise consulaire, ainsi que la fermeture des mosquées et centres de formation aux discours radicaux(sans les rouvrir par la suite comme ce fut les cas par Emmanuel Macron en Novembre 2017 après l’état d’urgence). Dans un registre similaire, il est également indispensable d’interdire les prières de rue et les créations intempestives de lieux de culte que l’on appelle «l’islam des caves », pour des raisons de sécurité. L’exemple de Creil, emblématique est là pour nous le rappeller. Une grande mosquée y a été inaugurée en 2003 qui devait fédérer tous les musulmans de la ville mais une nouvelle mosquée a été inaugurée en 2013 et trois autres petits lieux de culte se sont créés, ce qui fait sur à peine 1 km de distance, cinq mosquées qui se font face. 

Plusieurs signes laissent à penser qu’Emmanuel Macron n’a pas de réelle volonté de s’opposer à la montée de l’islamisme en France.

Sur la défense de la laïcité, Emmanuel Macron s’est dit intraitable avec l’islam politique lors de sa conférence de presse du 17 avril 2019, mais ses actes ne suivent pas. Il a une vision molle et étriquée de la laïcité, la réduisant à un devoir de l’Etat et des services publics, mais pas de la société dans son ensemble, acceptant justement l’envahissement des signes religieux dans l’espace public et collectif comme dans l’entreprise. Or, La laïcité « fait partie de l’identité de la France ». Elle est considérée comme un principe structurant de la vie publique pour 77 % des français (11). Les coups de boutoir de l’islam radical qui a déjà gagné la bataille interne à cette religion sur le voile et le halal montrent bien que c’est la laïcité et les lois de la République qui ont besoin d’être affirmées dans l’espace public, collectif mais aussi politique (création d’une liste musulmane ouvertement confessionelle de l’Union des Démocrates Musulmans de France (UDMF) pour les élections européennes de 2019) et l’islam radical combattu.

Mais le débat ne doit pas glisser vers le religieux, opposant catholiques et musulmans, alors qu’il oppose citoyens français et musulmans. Autre accroc d’Emmanuel Macron lors de la conférence des évêques de France au Collège des Bernardins le 08 avril 2018 lorsqu’il a souhaité un engagement politique des catholiques notamment pour l’Europe. Quelle curieuse conception de la laïcité. C’est véritablement irresponsable et ouvre la boîte de pandore pour l’islam politique.

Sur le port du voile islamique, les comportements religieux identitaires et le refus du « vivre ensemble »,

Emmanuel Macron a aussi une vision très libérale du port du voile islamique. Pour lui, « le débat sur le burkini n’a rien à voir avec la laïcité, éventuellement avec l’ordre public » et « une jeune fille peut porter le voile islamique si c’est un acte volontaire » (12).

Quelle naïveté ! En 2017, l’université d’al-Azhar a définitivement statué sur le fait que ce n’était pas une obligation islamique (13). Porter le voile a une signification politique de sécession, caractérisée par un refus du vivre ensemble mais à côté, une façon de montrer que l’on appartient pas à la communauté nationale mais à l’islam. Donc, s’il ne trouble pas la laïcité au sens strict, le voile islamique (comme le port du burkini ou encore le hijab pour sportive) trouble le vivre en commun collectif et correspond, en cela, à un trouble à l’ordre public au sens de l’article 1 de la loi de 1905 (14).

Ce n’est pas un refus de la tradition de l’autre de la part des français. Le port du voile est aussi le signe d’une relégation de la femme, et in fine le signe d’une radicalisation. Ghaleb Bencheikh, autant intellectuel que religieux, le sincère soufi utopiste qui souhaitait revivifier la théologie musulmane et qui vient d’être élu à la tête de la Fondation de l’Islam de France (FIF), s’est engagé à venir à bout de l’extrémisme par la culture et l’éducation. Il est symptomatique de voir qu’en affirmant que le port du voile était une atteinte à la dignité humaine dans les colonnes de Marianne, il s’est fait étrier sur les réseaux sociaux et vivement remis à sa place par le président du CFCM, qui a dénoncé une campagne outrageante et rappellé la pseudo prescription coranique. Sa mission à la tête de la FIF est déjà bien compromise avant même d’avoir commencée.

La seule décision responsable est l’interdiction de tout signe religieux ostentatoire donc du voile islamique et autre djilbab ou hijab dans l’espace public, collectif et politique

Et que dire des nouveaux apôtres de la soumission à l’islam que sont Cristophe Castaner, déjà cité, le député Larem Aurélien Taché qui compare le voile avec le serre-tête chrétien ou encore et Nathalie Loiseau au foulard de mère Thérésa, ou encore le député Larem Jean-Michel Fauvergue qui assimile le prêche en arabe à la messe en latin….ou encore Yacine Bellatar le sulfureux rappeur islamiste, copain d’Emmanuel Macron et pour terminer ce florilège, le député Larem Christophe Lejeune, accompagné d’un député LFI Bastien Lachaud qui ont véritablement perdu la boussole et veulent supprimer la fête des saints patrons dans les armées… ! C’est la lâcheté et la soumission qui préexistent à tous les étages.

Là aussi, la seule décision responsable est l’interdiction de tout signe religieux ostentatoire donc du voile islamique et autre djilbab ou hijab dans l’espace public, collectif et politique. De plus, qui peut donc croire en la volonté de fer d’Emmanuel Macron d’exercer une plus grande répression contre les prédications contraires à l’ordre public, lui qui a également laissé organiser un « grand débat » dans la mosquée islamiste Islah à Marseille en présence du député LREM Saïd Ahamada.

Quelles sont les mesures urgentes à prendre et que ne propose pas Emmanuel Macron ?

Redisons-le, cette réforme ne met pas fin à l’influence financière étrangère sur l’islam en France. Outre les mesures proposées ci-dessus qui me semblent nécessaires à mettre en oeuvre, desserrer l’étau de l’islam radical dans notre pays nécessite des décisions courageuses telles que l’interdiction de l’organisation frèriste des « musulmans de France » et de tous ses centres satellites, ainsi que la fin de l’expansion de l’influence des pays du golfe qui bénéficient d’avantages fiscaux incroyables depuis 1990.

C’est le cas du Quatar en particulier depuis 2008, en échange d’investissements dans nos « quartiers » (15). Sur le plan pénal, le président de la république a annoncé le dépôt « en mai » d’une proposition de loi pour contrer la prolifération des propos racistes et antisémites sur le net en « renforçant la pression sur les opérateurs » car à côté malheureusement de l’antisémitisme traditionnel, se déploie un antisémitisme fondé sur l’islamisme radical. Très bien, et pourquoi ne pas faire la même chose avec les propos salafistes relevant d’un islam radical de plus en plus prosélyte et contraires à nos valeurs ?

Actuellement seul l’apologie du terrorisme ou la provocation à des actes terroristes sont condamnés par l’article 421-2-5 du code pénalSur le plan sécuritaire, l’islamisme paraît de prime abord moins dangereux que le djihadisme, dans la mesure où il n’implique pas nécessairement le recours à la violence, mais tous les terroristes et djihadistes sont des islamistes. Rebaptiser « quartiers de reconquête républicaine » les « quartiers sensibles de non-droit » est un écran de fumée qui ne doit pas tromper, aucune mesure sérieuse ne suit. Si rien n’est fait, nous allons vers une guerre civile annoncée.

La lutte contre l’islamisme est sans doute le principal défi qui nous attend, y compris au niveau européen avec l’immigration musulmane incontrôlée. Malheureusement, Emmanuel Macron n’a pas la carrure et l’épaisseur suffisantes pour s’opposer à cette évolution. Alors, il faut que les français réagissent au travers d’un rassemblement national de défense de la laïcité, de notre identité et de notre culture occidentale, contre le communautarisme religieux, avant qu’il ne soit trop tard.

 

(1) Raberh Achi, « 1905 : Quand l’islam était (déjà) la seconde religion de France », Multitudes 2015/2 (n° 59), p 52 et aussi p. 45. « En effet, la France de 1905 comptait non seulement plus de 4,5 millions de musulmans dans ses départements algériens, sans compter bien sûr ceux des colonies de l’Afrique Occidentale Française ou de l’Afrique Équatoriale Française, mais l’islam fut bel et bien évoqué au moment de l’adoption de la loi ». 

(2) François-Paul Blanc, professeur agrégé des universités, « le droit musulman » chez Dalloz, 1995, p 3 et p 7

(3) Kamel Daoud, le « monde des religions » du 27/02/2019  « le mot « laïcité » ne signifie pas séparation du culte et de l’État, mais séparation des Français et des musulmans. En Algérie, le mot a « glissé » sous la propagande islamiste, pour signifier « athée », « antimusulman ». En France, le mot fait les frais de sa surdétermination : convaincre des musulmans d’être laïques, c’est, pour eux, les convaincre de ne plus être musulmans. L’initiation à la laïcité — une urgence — reste sujet de méfiance sémantique ». 

(4) Coran, sourate 61, verset 9 « C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la Religion de Vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs. »

(5) Salem Ben Ammar, docteur en science politique. Diplômé en 3e cycle en Anthropologie Sociale et en Relations Internationales. Auteur de « Introduction à l’ethnologie des communautés musulmanes marchandes en Inde »,

(6) Le journal libération du 14 avril 2017 : « Grâce aux témoignages d’anciens Frères qui ont pris leurs distances, comme le comédien Farid Abdelkrim, le sociologue Omero Marongiu ou encore l’islamologue belge Michaël Privot, on comprend peu à peu un fonctionnement semi-clandestin, aux diverses imbrications. Comme le décrit Marongiu, l’UOIF «chapeaute» en fait une organisation «informelle» de Frères musulmans en France, »

(7) Dans « Au coeur des services spéciaux » (La Découverte, Paris, 2011), Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE écrit que « en Tunisie, Ennahdha a préparé son retour aux affaires : « Avant de quitter le pouvoir, ils ont organisé une réforme fiscale qui ruine la classe moyenne laïcisée, laquelle constitue le pire ennemi des Frères musulmans. Depuis, de nombreux attentats ont ensanglanté la Tunisie visant à tuer son économie, ruiner le secteur touristique, les syndicats, les associations, de façon à revenir au pouvoir. C’est la stratégie systématique des Frères musulmans »

(8) Le figaro du 21/09/2018.

(9) L’ex UOIF possède deux instituts à Saint-Denis et à Château-Chinon, la Grande mosquée de Paris (proche de l’Algérie) en abrite un dans ses locaux à Paris,  l’institut Al-Ghazali et l’Union des mosquées de France (UMF), proche du Maroc, a annoncé le 2 avril 2019 l’ouverture de l’Institut de formation des imams et morchidates (prédicatrices)

(10) Nathan le sage (en allemand Nathan der Weise) est le personnage éponyme de la pièce en cinq actes de Gotthold Ephraim Lessing. La pièce est publiée le 14 avril 1779 mais ne sera représentée pour la première fois à Berlin qu’en 1783, deux ans après la mort de l’auteur. C’est un fervent partisan de la tolérance religieuse

(11) Enquête viavoice pour l’observatoire de la laïcité janvier 2019, enquête qui fait apparaître des défis d’avenir liés à la laïcité : le premier de ces défis et le seul exprimé par une majorité de l’opinion publique, est « la montée des intolérances entre les différentes communautés religieuses » (57 %), devant « les crispations engendrées par le port de signes visibles de certaines religions » (44 %) qui ont pourtant davantage fait l’actualité ces dernières années.

(12) Emmanuel Macron lors du débat avec des intellectuels à l’Elysée, le 18 mars 2019

(13) Le verset 31 de la sourate XXIV est un appel à la pudeur. « Et dis aux croyantes de baisser leur regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines… »

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(14) Art 1 de la loi de 1905 : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public ».

(15) Proposition de création d’une commission d’enquête Parlementaire de Gilbert Collardhttps://rassemblementnational.fr/interventions/proposition-de-creation-dune-commission-denquete-parlementaire-de-gilbert-collard/