La France interdite de Laurent Obertone, chez Ring éditions
Santé

La médecine de l’Égypte ancienne

L’Égypte ancienne correspond à une période d’environ 3 000 ans, qui débute avant les dynasties pharaoniques (il y a plus de 3 000 ans) et qui s’achève avec l’arrivée des Romains qui mit fin à la souveraineté égyptienne (30 av. J.-C.). Quelles étaient les maladies fréquentes à cette époque et comment les Égyptiens se soignaient-il ?
 
Ses sources sont nombreuses. Examen de momies et de squelettes (indications pathologiques), représentations artistiques (diagnostic médical), papyrus médicaux qui dateraient de Ia XVIIIe dynastie, environ 1500-1600 av. J.-C., mais auraient été écrits plus tôt (base de données médicales) et enfin les écrits d’Hérodote, historien grec de la période tardive vers 440 av. J.-C., permettant de disposer d’un témoignage historique de la vie quotidienne des Égyptiens, de leur médecine et de leurs maladies.
 

Les Dieux de la médecine ancienne :

Horus Le dieu faucon Gardien de la santé a été sauvé par Thot d’une piqûre de scorpion ; en le soignant, Thot lui a communiqué Ie pouvoir de protéger les humains des piqûres et des morsures d’animaux.
Thouéris Protectrice des femmes enceintes, représentée en un corps de femme enceinte avec une tête d’hippopotame et des pattes de lion.
Thot Le dieu à la tête d’ibis, patron des médecins et des scribes. Parfois représenté avec une tête de babouin. Assimilé à Hermès à la période ptolémaïque (période tardive correspondant à l’arrivée des Grecs).
 

La conception du corps

Le corps est associé à diverses fonctions et est le siège de la circulation de « forces » positives ou négatives :
  • Souffles de bonne santé rentrant de l’extérieur par l’oreille droite
  • Souffles de la maladie et de la mort rentrant de l’extérieur par l’oreille gauche
  • Circulation de liquides (exemples : sang, urine) dans force (metous) et la santé.
  • Siège de l’esprit et des émotions au niveau de l’œil.
 
 

La momification

Pour les Égyptiens, l’individu vit éternellement après Ia mort et doit conserver une enveloppe corporelle intacte. La momification était réservée aux classes aisées. Anubis est le dieu de la momification (représenté avec une tête de chacal). 
 
Les Égyptiens évitaient la putréfaction du corps en opérant une dessiccation (suppression de l’eau) à l’aide d’un sel, le natron. L’ablation de certains organes poumons, foie, intestins et estomac étaient mis dans des vases canopes. L’extraction du cerveau était faite par les narines à l’aide d’un crochet.
Puis, bandage des corps accompagnés d’amulettes et mise en sarcophage.
 

Considérations générales de santé publique

D’après les données des nécropoles de différentes périodes, la durée de vie moyenne était de 35 ans. Les femmes vivaient moins longtemps que les hommes à cause de la mortalité en cours de grossesse et à I ‘accouchement. Les classes sociales élevées vivaient plus longtemps que les classes sociales inférieures et la mortalité néonatale était importante. 
 
On constatait à cette époque une grande fréquence des pathologies infectieuses telles que la tuberculose, le paludisme, bilharziose urinaire, helminthiase (maladie parasitaire à ver digestif) ainsi que de nombreux problèmes dentaires : usure prématurée des dents due à la consommation de farine non purifiée.
 

Maladies fréquentes

La tuberculose : L’agent de la tuberculose, Mycobocterium tuberculosis, a été identifié par une analyse PCR chez 25% des 37 squelettes issus de populations de haut niveau socioéconomique (Thèbes-Ouest vers 2120 à 500 av. J.-C., Abydos en 3000 av. J.-C.). De I’ADN de Mycobacterium a été identifié sur un squelette datant de 5 400 ans et atteint du mal de Pott
Le paludisme : Parasitose très fréquente (grande quantité de moustiques au bord du Nil)
Symptomatologie : lésions osseuses associées à l’anémie chronique. Les antigènes de Plasmodium falciparum ont été détectés par des tests immunologiques sur une série de momies :
Des séquences spécifiques de I’ADN de Plasmodium falciparum ont été mises en évidence chez diverses collections de momies.
Exemple des momies royales de la XVIIIe dynastie : Toutankhamon et certains membres de sa lignée ont eu le paludisme.
La bilharzioze urinaire :
Parasitose fréquente (décrite dans le papyrus Ebers) et toujours présente aujourd’hui en Égypte.
Parasitose due à une larve aquatique hébergée par un coquillage, qui pénètre par voie transcutanée et colonise les vaisseaux sanguins de l’arbre urinaire : la personne atteinte urine du sang.
 

Les outils de chirurgie

Lames, scies, pinces, foret, crochets, récipients…

 

Témoignages des momies

Scanner sur 44 momies du Moyen Empire à la période gréco-romaine : 20 cas d’athérosclérose et 3 cas de calcifications coronaires. Scanner de la momie de :
 
Ramsès ll : calcification de l’artère fémorale
– Forte prévalence des maladies cardiovasculaires : – Alimentation très riche en graisses chez les classes élevées (viande, oies grasses mais pas de poisson car considéré comme impur)
– Alimentation moins athérogène chez Ie peuple
Ramsès V :
Sa momie (XXe dynastie) présente des vésicules au visage pouvant être le signe de la variole.
Nesperenhep :
Prêtre d’Amon (XXIe dynastie) dont I’autopsie, effectuée par Marc Ruffer en 1910, montre un possible cas de tuberculose (symptômes d’un mal de Pott et abcès du psoas).
Séqénenrê :
Pharaon ou roi (XVIIe dynastie) dont la momie présente des atteintes crâniennes multiples (impacts de flèche, de lance et de hache) et une asymétrie des membres supérieurs (agonie par atteinte cérébrale).
 

Des remèdes, dont certains sont encore appliqués de nos jours !

 
Les textes mentionnent quelque 200 remèdes pour lutter contre la maladie.
Ils proviennent de 70 espèces animales environ (sang de crocodile, poil de babouin, utérus de chatte, vulve de chienne, pénis d’âne, graisse de porc, d’oie, chair de lézard, queue de truie, infusion de scorpion…), de 25 plantes (pavot, menthe, gentiane, figue, ricin, safran, sycomore, styrax,…),
de 20 minéraux (chaux, sel de plomb, sel marin, le sulfate de cuivre, l’oxyde de cuivre et de fer, la poudre de lapis-lazuli, le sulfure d’arsenic…) et d’un certain nombre d’aliments, de boissons (lait de femme ayant accouché d’un garçon, miel, lait, sang d’animaux divers…) et de sécrétions (fiente de mouche…). 
 
Les ingrédients étaient mélangés par le médecin lui-même avec une base formée par du lait, de la bière édulcorée ou de l’huile et avec de la graisse lorsqu’il s’agissait d’onglets.
Quant aux modes d’administration, ils étaient variés et ingénieux : tisanes, potions, baumes, pommades, collyres à l’aide d’une plume de vautour, fumigation, injection vaginale (certainement à l’aide de cornes d’animaux dont l’extrémité était coupée), lavement…
La médecine en Égypte antique est le fait d’un système de soins particulier, avec des médecins spécifiquement formés et aux pratiques contrôlées, exerçant en patientèle ou dans des lieux réservés, établissant des conclusions diagnostiques, usant de moyens thérapeutiques multiples.
 
Est-ce que tout a vraiment changé de nos jours ?
 
Laure de Vienne

Politique, Écologie, Collapsologie, Identité, Islam, Société

Directeur de la publication d’Adoxa ● Libéral-conservatisme | Identité | Résilience territoriale. 

                                                                      

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