Santé

Le virus Ebola se propage dangereusement. L’OMS sonne l’alerte internationale

Près d’une année après que la flambée actuelle de maladie à virus Ebola a été déclarée en République démocratique du Congo (RDC) et alors que le nombre de nouveaux cas atteint des niveaux alarmants, les Nations Unies ont tenu aujourd’hui une réunion de haut niveau à Genève pour dresser le bilan de la riposte coordonnée et mobiliser un soutien supplémentaire en faveur des efforts dirigés par le Gouvernement pour vaincre cette maladie mortelle.

Hier, 14 juillet, le premier cas de maladie à virus Ebola a été confirmé à Goma, une ville d’un million d’habitants située au sud de l’épicentre de la flambée. À ce jour, près de 3000 agents de santé ont été vaccinés contre la maladie à Goma. Plus de 1650 personnes sont décédées au cours de la flambée actuelle, tandis que 12 nouveaux cas environ sont signalés chaque jour.

La flambée restant encore limitée aux provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, la riposte est dans une phase déterminante. L’OMS évalue le risque de propagation aux provinces voisines comme étant très élevé.

À la réunion d’aujourd’hui, présidée par le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Mark Lowcock, étaient également présents et sont intervenus le Ministre de la santé de RDC, le Dr Oly Ilunga, le Ministre de la solidarité et de l’action humanitaire, M. Bernard Biando Sango, et le Secrétaire d’État au Développement international du Royaume-Uni, M. Rory Stewart.

« La dixième flambée de maladie à virus Ebola est une crise de santé publique qui a lieu dans un environnement caractérisé par des problèmes de développement et des insuffisances dans le système de santé », a déclaré le Dr Ilunga.

« Le Gouvernement reconnaît combien il a été difficile de garder une longueur d’avance sur cette flambée d’Ebola dans notre pays. La riposte se déroule dans un contexte extrêmement complexe, mais avec le soutien de nos amis de la communauté internationale, les Congolais sont déterminés à ramener le nombre de cas à zéro », a indiqué M. Biando Sango.

« En collaboration avec le Gouvernement, nous pouvons mettre un terme à cette flambée et nous y parviendrons. Nous avons des outils plus puissants que jamais pour lutter contre Ebola, y compris un vaccin efficace », a déclaré le Dr Tedros. « mais il faut que les attaques et les autres perturbations des activités de riposte cessent ». Depuis janvier, on a compté 198 attaques dirigées contre les interventions de riposte qui se sont traduites par 7 décès et ont blessé 58 agents de santé et patients. « Nous avons besoin du soutien politique de toutes les parties, et de l’investissement de la communauté, pour que les intervenants puissent travailler en toute sécurité et sans être interrompus. C’est le seul moyen d’empêcher le virus de continuer à se propager. » Le Dr Tedros a aussi annoncé qu’il reconvoquerait le Comité d’urgence dès que possible pour évaluer les dernières évolutions de la situation et le conseiller en conséquence.

Les zones des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu touchées par Ebola se caractérisent par la médiocrité des infrastructures, l’instabilité politique et des conflits persistants qui impliquent des dizaines de groupes de milices armées, et la défiance des communautés vis-à-vis des autorités nationales et des étrangers.

En mai, le Secrétaire général des Nations Unies et le système humanitaire interinstitutions ont renforcé l’action conjointe des Nations Unies. Parmi les mesures prises figurait la nomination d’un Coordonnateur des interventions d’urgence des Nations Unies pour la lutte contre Ebola (EERC), M. David Gressly, qui est basé dans les zones touchées pour veiller à ce qu’un environnement favorable, en particulier en matière de sécurité, de logistique, de climat politique et de mobilisation communautaire, soit en place pour permettre la riposte en matière de santé publique et répondre aux préoccupations des communautés touchées.

« Aujourd’hui, les donateurs et les intervenants se sont dits confiants dans l’approche que nous adoptons désormais », a déclaré M. Lowcock. « Si nous n’obtenons pas immédiatement des ressources financières nettement supérieures, il ne sera pas possible de mettre un terme à la flambée. Tout retard donne au virus la possibilité de se propager, ce qui a des conséquences désastreuses. Nous devons faire tout ce qui est possible aujourd’hui pour éviter d’atteindre l’ampleur de la flambée que nous avons connue en Afrique de l’Ouest il y a cinq ans, qui a coûté la vie à plus de 10 000 personnes avant qu’une riposte de plusieurs milliards de dollars permette de ramener le nombre de cas à zéro. »

Intervenant sur le rôle de la communauté internationale, M. Rory Stewart a déclaré: « Nous sommes au bord de la crise. Ma visite en RDC orientale ce mois-ci n’a fait que conforter mon opinion sur le caractère d’urgence absolue que doit prendre notre riposte à cette crise. Cela ne fait aucun doute. En fait, nous nous battons contre Ebola – l’une des maladies les plus meurtrières au monde – aux environs d’une zone envahie par des groupes armées. Il faut que la communauté internationale fasse un pas de plus et empêche la flambée de prendre de l’ampleur. Le danger est bien réel: si nous perdons le contrôle de la maladie, elle pourrait se propager au-delà des frontières de la RDC vers l’ensemble de la région. »

Le Coordonnateur des interventions d’urgence des Nations Unies pour la lutte contre Ebola (EERC), M. David Gressly, le Sous-Directeur général de l’OMS chargé des interventions dans les situations d’urgence, le Dr Ibrahima Socé Fall, et le président de l’Association des survivants d’Ebola, le Dr Maurice Kakule se sont joints à la manifestation depuis la RDC orientale par vidéoconférence. Mme Annette Dixon, Vice-Présidente du Groupe de la Banque mondiale chargée du développement humain, a également pris part à la réunion par vidéoconférence depuis Washington D.C.

« Nous devons améliorer de façon substantielle nos mécanismes de préparation et de surveillance de façon à prendre le pas sur le virus au lieu de le pourchasser. Il ne faut pas relâcher notre vigilance. Tant que la transmission ne sera pas interrompue dans toutes les zones touchées, nous n’en aurons pas fini avec la maladie », a déclaré M. Gressly (EERC) depuis Goma.

Le Dr Omar Abdi, Directeur général adjoint de l’UNICEF, est intervenu pour aborder la question de la mobilisation des communautés et le Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix‑Rouge et du Croissant-Rouge, M. Elhadj As Sy, s’est exprimé sur l’état de préparation en RDC et dans les pays voisins. La Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, est également intervenue sur la préparation des pays. Un représentant de Medair, la Dre Trina Helderman, s’est exprimée sur le rôle essentiel joué par les ONG dans la riposte.

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